SHANE

«L'homme des vallées perdues», de George Stevens (U.S.A., 1953)

Alan Ladd
Jean Arthur
Van Heflin
Brandon De Wilde
Jack Palance
Ben Johnson
Edgar Buchanan
Emile Meyer
Elisha Cook Jr
John Dierkes
Douglas Spencer
Paul McVey
Alan Ladd
Jean Arthur
Van Heflin
Brandon De Wilde
Jack Palance
Ben Johnson
Edgar Buchanan
Emile Meyer
Elisha Cook Jr
John Dierkes
Douglas Spencer
Paul McVey

la petite histoire…

afficheaffiche originale

Seul et unique western tourné par George Stevens, tiré d’un roman de Jack Schaeffer écrit en 1949. Catalogué de sur-western par certains critiques pour sa psychologie des personnages qui est très présente, et aussi pour son réalisme du décor, la lumière naturelle, la boue, les vêtements fripés...

Le tournage s’est déroulé au Wyoming, dans la vallée de Jackson Hole, dominée par les montagnes des "grands tétons" dont on peut remarquer dans plusieurs plans d’extérieurs leurs hautes cimes.

A l’origine Montgomery Clift était prévu pour tenir le rôle de Shane, Katharine Hepburn celui de Marion et William Holden celui de Joe Starrett. Mais chacun, pour des raisons diverses, s'est désisté. Les cartes ont donc été redistribuées et le choix du rôle principal échoua à Alan Ladd, à l’époque une star en devenir de la Paramount.

Pendant le tournage du film, alors qu' Alan Ladd était détendu sur une chaise pliante, le producteur associé Ivan Moffat lui demanda s’il aimait travailler avec George Stevens. Tranquillement il répondit : "Oui j’aime, c’est un grand réalisateur, il me laisse du temps. Je ne suis peut-être pas le meilleur acteur, mais je suis fort pendant les pauses".

George Stevens, féru d’authenticité, refusa à Van Heflin de revêtir la chemise de marque, (faisant aussi office de porte-bonheur), qu’il portait dans son western précédent «Tomahawk» de George Marshall. Pour le metteur en scène, ses personnages ne devaient porter que des habits qu’ils étaient en mesure de se procurer à l’époque, autrement dit des frusques.

Dans la longue séquence de bagarre, la scène fut très habilement orchestrée pour masquer le handicap d'Alan Ladd, qui mesurait vingt centimètres de moins que son adversaire, Ben Johnson. Pendant le combat on peut entendre les interventions verbales de George Stevens !

D’innombrables prises ont été effectuées sur le petit Brandon De Wilde, laissant imaginer l’histoire à travers son regard, une volonté délibérée du réalisateur. Il fut repéré et recruté grâce à son interprétation dans une pièce à succès intitulée «The Member of the Wedding», jouée à New-York. Il mourut bien trop jeune- à vingt ans - dans un accident de voiture.


"Pale Copy"…
afficheLobby Card américaine

Quand Jack Palance tire sur Elisha Cook Jr, le propulsant violemment en arrière dans la boue, une corde est reliée au dos de l’acteur pour l’éjection au moment du coup de feu. Scène très réaliste et novatrice pour l’époque. On peut croire Sam Peckinpah qui avouera que ce film l’avait fortement influencé.

Clint Eastwood, en réalisant «Pale Rider», rend implicitement hommage à «L’homme des vallées perdues» dont le scénario est très similaire.

Jean Arthur, après une longue période d’absence sur un plateau de tournage, fait une dernière apparition devant les caméras, avant de prendre une retraite définitive. Ce fut aussi son unique film en couleur parmi sa longue filmographie qui s’étale sur trois décennies.

L’auteur, scénariste et dessinateur Morris, créateur de Lucky Luke, s’inspire de Jack Palance dans ce film pour le personnage Phil Defer, dans un album sorti en 1956 et intitulé «Lucky Luke et Phil Defer». Cette bande dessinée est une des plus violente de toute la série du fameux cow-boy qui tire plus vite que son ombre.

Le film, tourné en réalité pendant l’été 1951, ne fut distribué qu’en 1953 pour diverses raisons obscures (différents montages, préoccupation des dirigeants de la Paramount en vue du résultat et les coûts inhérents au film, qui fut proposé ensuite à la RKO de Howard Hughes, lequel refusa de l’ acheter…). Paradoxalement, à sa sortie, deux ans plus tard, le film eut un succès retentissant aux États-Unis. C’est aujourd’hui un grand classique.

Le directeur de la photographie Loyal Griggs remporta un Oscar pour ce film nominé 6 fois.

Sorti en France en octobre 53, «L’homme des vallées perdues» se plaça au 17eme rang des meilleures recettes avec pas moins de 3 500 000 entrées.

Fernand Cabrelli (mai 2006)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 7-9-2016