MAN HUNT

«La chasse à l'homme», de Fritz Lang (U.S.A., 1941)

Walter Pidgeon
Joan Bennett
George Sanders
John Carradine
Roddy McDowall
Ludwig Stossel
Carl Ekberg
Egon Brecher
Adolph Milar
Fritz Lang
Walter Pidgeon
Joan Bennett
George Sanders
John Carradine
Roddy McDowall
Ludwig Stossel
Carl Ekberg
Egon Brecher
Adolph Milar
Fritz Lang

la petite histoire…

afficheaffiche originale

A l’origine, John Ford devait tourner «Man Hunt» sur les propositions de la Fox, un sujet traité par son scénariste privilégié de l’époque Dudley Nichols. Il laisse le projet à Fritz Lang dont le sujet est plus dans les cordes, et qui sera par la suite l'auteur de trois autres films anti-nazis : «Les bourreaux meurent aussi» (1942), «Espions sur la Tamise» (1944) et «Cape et poignard» (1946).

Fritz Lang, d’origine autrichienne, a quitté l’Allemagne nazie le jour même ou Goebbels, (le ministre allemand de la propagande de l’époque) lui proposa de prendre la tête de l’industrie cinématographique nationale.

Le film eut des démêlés avec le code d’autocensure américain Hays (suite au courrier du 4 mars 41 écrit par Joseph I Breen) : les Nazis sont jugés trop cruels et les Anglais trop sympathiques, tandis que la scène de torture de Thorndike, inacceptable, dût être modifiée, les États-Unis étant encore à l’écart du conflit. De plus, suite à un nouveau courrier, l’accoutrement de Jerry en prostituée dut être reconsidéré.

Les actrices Ida Lupino, Gene Tierney, Anne Baxter et Greer Garson furent pressenties pour le rôle de la prostituée Jerry , mais le choix se porta sur Joan Bennett qui tournera encore trois autres films pour Lang: «La femme au portrait» (1944), «La rue rouge» (1945), «Le secret derrière la porte» (1947). L'actrice dira de son réalisateur fétiche : "Ma confiance en lui est absolue et aveugle. Il n’y avait ni démonstration, ni discussion, ni analyse du personnage. Fritz disait à ses comédiens ce qu’il voulait, point final, c’était un fanatique du réalisme".


Dans la ligne de mire…
afficheCarl Ekberg

Ce film marque les véritables débuts à l’écran de Roddy McDowall, qui tient le rôle de Vanner. Il tournera la même année «Quelle était verte ma vallée» de John Ford avec également Walter Pidgeon.

Le roman «Rogue male» de l’écrivain Geoffrey Household, dont le film s’inspire, fut édité en 1939. Cette oeuvre, qui fut extrêmement populaire aux Etats- Unis dans la période immédiate d’avant guerre, est beaucoup moins connue aujourd’hui, en dépit d’une autre version filmée pour la télévision en 1976 par Clive Donner, «Rogue Male», avec Peter O’Toole. Le roman traite d’un problème moral fondamental: si la mort d’une personne peut sauver un certain nombre de vies, justifie- t-elle la destruction de la personne en question ?

Dans ce livre, l'auteur parle d’un état inconnu sous le joug d’un sinistre dictateur. En 1982, Household publia une suite intitulée «Rogue Justice».

En France, il faudra attendre juin 1949 pour pouvoir voir «Chasse à l’homme» sur nos grands écrans. 59 000 entrées seulement, dont 41 000 sur Paris, ce qui laisse imaginer le nombre de copies distribuées en province.

Fernand Cabrelli (juillet 2006)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 10-9-2016