QUAI DES ORFEVRES

Dans cette salle…

Pétulante chanteuse et jeune arriviste, Jenny Lamour se produit dans les music-halls, accompagnée au piano par son mari, Maurice Martineau.

Vieil homme d'affaires vicieux, Brignon fait poser des filles légères chez Dora, une photographe amie de Jenny, et invite la chanteuse au restaurant. Très jaloux, Martineau menace Brignon. Ne voulant rien entendre, Jenny accepte un rendez-vous avec ce dernier. Et ce soir là, est assassiné.

L'inspecteur principal Antoine, policier honnête et cynique, est chargé de l'enquête…

de Henri-Georges Clouzot (France, 1947)

Louis Jouvet
Bernard Blier
Suzy Delair
Charles Dullin
Simone Renant
Jeanne Fusier-Gir
Pierre Larquey
Robert Dalban
René Blancard
Raymond Bussières
Claudine Dupuis
Jean Daurand
Paul Demange
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la petite histoire…

afficheaffiche originale

«Quai des Orfèvres» s'annonce comme une reprise d'activité pour son réalisateur Henri-Georges Clouzot, qui sort d'une mise à pied décidée par le Comité de libération du cinéma français, lui reprochant d'avoir servi la compagnie Continental sous la botte allemande et d' avoir réalisé «Le corbeau», qualifié d’œuvre de propagande anti-française.

L'année précédant le tournage de «Quai des orfèvres», Clouzot demande la levée de la sanction, qui lui paraît injuste. Quelques personnalités de renom, comme Jean-Paul Sartre, Albert Camus et Marcel Carné signent une pétition en sa faveur.

Au départ, Clouzot prévoyait de réaliser «Chambre obscure» d'après Nabokov, aidé par son scénariste Jean-Paul Sartre. Michel Simon, Paul Bernard et Inès Arnaud ( qui sera son épouse quelques années plus tard) étaient prévus dans la distribution. Jugé trop noir par les producteurs, le projet fut abandonné.

Le choix du metteur en scène se porte alors sur «Légitime défense» qui aura pour titre de tournage «Joyeux Noël» avant d'être rebaptisé lors de sa sortie «Quai des orfèvres», d'après le roman du Belge Stanislas-André Steeman. En fait Clouzot s'inspire seulement de l'œuvre, n'ayant pas le livre sous la main : "J'ai toujours envie de tirer un roman des films que Clouzot tire de mes romans" déclarera Steeman qui était déjà l'auteur de «L'assassin habite au 21», déjà adapté pour l'écran par Clouzot en 1942.


affiche"Avec son tralala…"

Le décorateur Max Douy dessine, sous forme de story-boards, tous les plans du film, du générique jusqu'au mot fin. Tout est détaillé dans le découpage. "Clouzot ne vivait que pour son film, il pouvait m'appeler à minuit, une heure du matin. Il tournait très vite, la caméra toujours en mouvement et si un éclairage ou le jeu d'un acteur ne lui convenait pas, on retournait la scène. Mais on tenait toujours le plan de travail". En faisant travailler son équipe 48 heures par semaine, Clouzot boucle son film en seulement deux mois.

Le comédien Louis Jouvet décrit ainsi Clouzot : «Ce qui domine surtout chez Clouzot, metteur en scène, c'est la lucidité. Il explique la scène que l'on va tourner avec une clarté extraordinaire. C'est comme s'il la projetait devant vous sur un écran avant même qu'elle soit enregistrée. Il a en outre, le don de supprimer complètement la technique dans ses explications. Quand il indique une scène, on ne voit plus l'appareil, ni les lumières, ni le microphone : tout a disparu… Sa maîtrise de metteur en scène est complète, il est sûr de lui et il voit juste. Mais je crois qu'il est en grande difficulté avec lui-même. Il est aussi l'auteur, ne l'oublions pas".

Charles Dullin, (recommandé par Jouvet pour le rôle de Brignon), grand acteur de théâtre, faisait ici sa dernière apparition au cinéma.

A l'ouverture de la quinzaine française à Stockholm en octobre 47, Suzy Delair (qui fut quelques années la compagne de Clouzot) présente «Quai des Orfèvres» devant la famille royale.

Projeté au festival de Venise, le film y reçut le prix de la meilleure mise en scène. Il sortit en France en octobre 47 prenant la cinquième place du box office avec 5 500 000 entrées.

Fernand Cabrelli (septembre 2006)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.7.2.1 : j-m-2016