THE BISHOP's WIFE

«Honni soit qui mal y pense», de Henry Koster (U.S.A., 1947)

Cary Grant
Loretta Young
David Niven
Monty Wooley
James Gleason
Gladys Cooper
Elsa Lanchester
Sara Haden
Karolyn Grimes
Regis Toomey
Cary Grant
Loretta Young
David Niven
Monty Wooley
James Gleason
Gladys Cooper
Elsa Lanchester
Sara Haden
Karolyn Grimes
Regis Toomey

la petite histoire…

afficheaffiche originale

C’est William Seiter qui commença la réalisation du film, avec Cary Grant dans le rôle de l’évêque et David Niven dans celui de l’ange. Mais le producteur Samuel Goldwyn, considérant le réalisateur un peu lourd et lent et s’inquiétant des résultats quotidiens, décida au bout de trois semaines de le remplacer par Henry Koster, un metteur en scène d’origine allemande, spécialiste des comédies sentimentales.

Teresa Wright ,qui jouait l’épouse de l’évêque, tomba enceinte au début du tournage. Samuel Goldwyn s'arracha les cheveux, avant de la remplacer par l’actrice Loretta Young.

Leonardo Bercovici remania le script de Robert Sherwood, et Samuel Goldwin fit inverser les rôles entre Cary Grant et David Niven.

Mais écoutons Henry Koster : "J’ai rencontré Cary Grant, que j’avais admiré toute ma vie et que je considérais comme le meilleur des jeunes premiers comiques. Il était dans tous ses états. Il trouvait que le rôle de l’évêque était beaucoup plus intéressant, l’esprit toujours brouillé, alors que l’ange était simple et direct. Il était furieux que Goldwyn lui impose ce changement. Il voulait renoncer au film. Il a dit à Goldwyn qu’il voulait interpréter le rôle pour lequel il avait signé, mais Goldwyn a répondu que Goldwyn seul avait le pouvoir d’en décider. Cela a créé d’énormes frictions…Un acteur n’ayant pas envie d’interpréter son personnage, c’est ce qu’il y a de pire pour un réalisateur…David Niven n’était pas plus heureux que Gary".

Effectivement ce fut une période déprimante pour Niven, car peu avant le début du tournage, son épouse Primula se tua en tombant dans la cave de Tyrone Power au cours d’une soirée mondaine.

Il y eut d’autres difficultés pour Koster qui dut modifier certains cadrages pris sur Cary Grant et Loretta Young : ils prétendaient tous deux avoir un meilleur profil coté gauche. Il est une scène où Cary et Loretta devaient se regarder dans les yeux avec tendresse. Koster finit par la modifier pour les satisfaire. On pouvait alors voir les deux artistes devant la fenêtre, scrutant très loin vers l’horizon.

Bien sur, pendant les rushes, Goldwyn s’en aperçut et piqua une colère : "A partir de maintenant, si je ne vois que la moitié de vos visages, vous ne recevrez que la moitié de vos salaires !".


Faits divers…
afficheCary Grant et Loretta Young

Loretta Young se plaignit de Cary Grant, trop exigeant sur le plateau et qui fit un scandale en arrêtant un jour le tournage pour une simple histoire de givre sur une fenêtre.

L’écrivain Robert Nathan écrivit le roman du film en 1928. Il est aussi l’auteur de «Portrait of Jennie» que William Dieterle adapta à l’écran en 1948.

Il est à noter que certaines scènes furent réécrites par deux autres scénaristes non crédités au générique, Charles Brackett et Billy Wilder, une des plus célèbres associations de scénaristes hollywoodiens.

Soulignons également la très belle photographie de Gregg Toland qui s’était déjà distingué par le passé sur «Les raisins de la colère» de John Ford (1940) et «Citizen Kane» d’Orson Welles (1941).

Un remake du film, «The Preacher's Wife», a été réalisé en 1996 par Penny Marshall avec Denzel Washington dans le rôle de l’ange et Whitney Houston dans celui de Julia.

Le film «The Bishop's Wife» coûta très cher à cause du remaniement, mais malgré tout, lors de sa sortie aux États-Unis le 9 décembre 1947, fut un succès public inespéré et nominé 5 fois aux oscars, dont un fut décerné à Gordon Sawyer pour la qualité de la bande sonore.

En France «Honni soit qui mal y pense» a totalisé presque 1 000 000 d’entrées, performance que l’on peut juger comme honorable, considérant le curieux titre évoquant la devise de l’ordre de la jarretière, mais plus encore, l’étonnante et désavantageuse sortie dans les salles en plein mois de juillet de l’année 1948. Rappelons que «La vie est belle» de Frank Capra (1946), évoquant aussi la période de Noël, sortira chez nous trois semaines plus tard, en août de la même année.

Fernand Cabrelli (décembre 2006)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 16-9-2016