THE FOUNTAINHEAD

«Le rebelle», de King Vidor (U.S.A., 1948)

Gary Cooper
Patricia Neal
Raymond Massey
Kent Smith
Ray Collins
Moroni Olsen
Robert Douglas
Almira Sessions
Tito Vuolo
Henry Hull
King Vidor
Gary Cooper
Patricia Neal
Raymond Massey
Kent Smith
Ray Collins
Moroni Olsen
Robert Douglas
Almira Sessions
Tito Vuolo
Henry Hull
King Vidor

la petite histoire…

afficheaffiche originale

Inspiré de la vie et de l’œuvre de l’architecte Frank Lloyd Wright (1869-1959), «Le rebelle» est d’abord un grand roman de Ayn Rand à la gloire d’un créateur anticonformiste qui combattra toute sa vie pour imposer son style original et visionnaire.

C’est à la fin de la seconde guerre mondiale, que le grand nabab Jack Warner avait acheté les droits d’auteur sur la demande oppressante de Barbara Stanwyck qui voulait le rôle principal féminin. Au départ, Mervyn Leroy était pressenti pour réaliser le film dont Humphrey Bogart devait tenir le rôle principal masculin, mais pour diverses raisons le projet fut abandonné momentanément pour être repris quelques années plus tard sous la direction de King Vidor.

Dans un télégramme envoyé à Jack Warner, Barbara Stanwyck manifesta sa colère pour avoir été évincé du casting et rompit subitement son contrat avec la Warner. Bette Davis convoitait aussi le rôle mais elle fut jugée trop vieille pour interpréter Dominique Francon; elle se consolera l’année suivante dans le rôle inoubliable de Rosa Moline dans «La garce» du même King Vidor.

Ayant été enthousiasmé par le roman, l'épouse de de Gary Cooper, Veronica Balfe, poussa son mari à s’intéresser au rôle principal de l’architecte Howard Roark. Les responsables de la Warner en furent enchantés lorsque l'acteur fit part de son intérêt, d’autant plus que Humphrey Bogart, à qui le rôle avait d’abord été proposé, ne donnait aucun signe de vie. On lui confia comme partenaire féminine la toute jeune Patricia Neal âgée seulement de 22 ans et ayant déjà fait ses preuves à Broadway, revenant avec cinq prix d’interprétation pour une pièce de théâtre adaptée par Lilian Hellman, «Another Part of the Forest».

Dans son autobiographie «A Tree is a Tree», King Vidor consacre seulement trois petites lignes insignifiantes sur «Le rebelle». On se contentera donc d’une interwiew en fin de carrière ou il déclara : "Le choix de Cooper était incontestablement mauvais mais on l’avait choisi avant même de m’engager. Il aurait fallu un acteur comme Bogart, un homme au caractère plus marqué et plus agressif. Après j’ai tout oublié ; lorsque j’ai revu le film, quelques années plus tard, je me suis dit que Cooper faisait parfaitement l’affaire. Pat Neal était extraordinaire. Son jeu m’a plu infiniment".

Étrangement, la version cinématographique est très différente du best seller sorti en 1943, chose d'autant plus curieuse que la romancière Ayn Rand écrivit elle-même le scénario.


Une sortie agitée…
afficheGary Cooper, Patricia Neal

En 1951 la presse à scandales dévoile aux Américains les relations extraconjugales existant entre Gary Cooper et Patricia Neal, une liaison jusqu'alors gardée sous silence depuis «Le rebelle» et dont la révélation donnait un piment supplémentaire à la vision du film. Auparavant, Patricia Neal aura tourné à nouveau avec lui dans «Les travailleurs du chapeau» (1949), une comédie publicitaire inepte, et «Le roi du tabac» (1950) de Michael Curtiz.

«Le rebelle», destiné aussi à relancer la carrière de Cooper et faire de Patricia Neal une nouvelle star, fut un échec commercial. Un coup dur pour Jack Warner qui ne s’y attendait absolument pas.

Dans «La mort aux trousses», Hitchkock utilise le “style wrightien” pour représenter la luxueuse demeure de l’inquiétant espion international Philipp Vandamm, interprété par James Mason.

En France «Le rebelle» sortit en mars 1950 totalisant près de 1 100 000 entrées. Deux mois plus tard sortira «Autant en emporte le vent» avec approximativement 17 000 000 d’entrées, un record.

Pour finir, écoutons King Vidor :

"Dans ce film, la qualité divine de l’artiste est un sujet qui m’a toujours intéressé. Autrement dit, l’univers entier prend source dans l’individu et ce dont il est conscient devient réalité. Ce dont il n’est pas conscient n’existe pas. C’est étrange qu’on m’ait choisi pour le diriger car c’est un sujet auquel j’avais toujours réfléchi et que je mijotais tout en n’étant pas d’accord avec l’approche de Ayn Rand."
Fernand Cabrelli (janvier 2007)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 18-9-2016