WINCHESTER '73

«Winchester 73», d'Anthony Mann (U.S.A., 1950)

James Stewart
Shelley Winters
Dan Duryea
Stephen McNally
Millard Mitchell
Charles Drake
Will Geer
Jay C.Flippen
Rock Hudson
Tony Curtis
John McIntire
James Stewart
Shelley Winters
Dan Duryea
Stephen McNally
Millard Mitchell
Charles Drake
Will Geer
Jay C.Flippen
Rock Hudson
Tony Curtis
John McIntire

la petite histoire…

afficheaffiche originale

«Winchester 73» est le premier d'une série de cinq mémorables westerns que le réalisateur Anthony Mann tourne avec James Stewart, dont trois avec le talentueux scénariste Borden Chase qui s'était distingué auparavant dans «La rivière rouge» de Howard Hawks (1948).

Anthony Mann : "C'est un grand privilège, croyez-moi, que de travailler avec des gens qui adorent ce qu'ils font. Le cinéma exige ce genre de collaboration de tous les instants. Ce ne sont ni le réalisateur, ni le scénariste, ni le caméraman, ni la vedette qui comptent, mais tout le monde. Un film ne peut naître si tout le monde n'y met pas vraiment du sien".

En 1950, après avoir tourné «La flèche brisée» de Delmer Daves, James Stewart se voit proposer par le producteur Aaron Rosenberg le scénario rédigé par Robert L Richards, «Winchester 73». L'acteur accepte à la seule condition qu'Anthony Mann dirige le film pour avoir vu et admiré ses premiers westerns ««Les Furies» (1950) et «La porte du diable» (1950), un film pro-indien sur le thème du racisme jugé très novateur à l'époque.

Anthony Mann : "J'eus beaucoup de chance en faisant, si je ne m'abuse, huit films avec Jimmy Stewart. Je l'avais bien connu bien des années auparavant mais je l'avais perdu de vue depuis près de dix ans et, un jour il m'appela et il me dit qu'il aimerait qu'on fasse un film ensemble. Ce fut «Winchester 73», un grand succès aussi, et dont je suis assez fier parce que je crois que c'est un western honnête, franc"

Le réalisateur, jugeant que le scénario était trop faible (ainsi que le roman de Stuart N.Lake, «The Big Gun») le fait réécrire par le scénariste Borden Chase : "Borden Chase est probablement l'un des meilleurs scénaristes de Westerns que nous ayons. Il a fait beaucoup d'études sur l'histoire de l'ouest, il se passionne pour elle et, par dessus tout, il est inégalable pour décrire les rapports entre hommes. Borden Chase a une grande affinité avec les thèmes et les hommes de l'Ouest. Borden et moi nous écrivions pour Stewart. Nous connaissions ses qualités et nous essayions de les développer, de lui donner une plus grande force de caractère encore".

Bien que tourné entre février et juillet 1950, «Winchester 73» sortit dans les salles américaine avant «La flèche brisée» dont le tournage avait débuté en juin 49. A la première de la projection du film, le public voyant apparaître le nom de James Stewart au générique se mit à rire et d'après les mémoires de Borden Chase, se fut une forte émotion. Mais au final, Stewart se trouve grandi de cette nouvelle image d'homme vindicatif que l'on retrouvera dans ses autres westerns dits “adultes”, tous dirigés par Mann : «Les affameurs» (1952), «L'appat» (1953), «Je suis un aventurier» (1955) et «L'homme de la plaine» (1955).


Un aventurier…
afficheJames Stewart, Shelley Winters

Anthony Mann : "Avant la guerre, Jimmy était considéré comme un très grand acteur ; il était l'égal de Cary Grant. Mais après la guerre le public réclama moins de comédies, Jimmy fut alors l'interprète de deux ou trois comédies qui n'eurent guère de succès. Le problème pour cet acteur, pour cette vedette, était de trouver ce qu'il pourrait faire en dehors de ce qui avait fait sa gloire passée… Cela servit beaucoup Jimmy de passer de l'état de comédien léger qu'il était à celui d'homme fort, puisqu'il occupe à nouveau une des premières places au box-office".

James Stewart prit des cours, à s'en engourdir les doigts, sur le maniement du célèbre fusil par un spécialiste de la compagnie Winchester. C'était la seule façon d'être vraiment crédible.

Juste avant le début du tournage, James Stewart exigea des grands studios de productions une part des profits sur les recettes de ses films. Ce fut ainsi un des premiers acteurs à vouloir ébranler le système : "Je n'étais plus seulement un acteur aux ordres des producteurs, je devenais une pièce importante du film. Je n'ai pas renouvelé mon contrat avec la M.G.M lors de ma démobilisation après la guerre pour avoir davantage de liberté. Le système de la participation était une étape supplémentaire dans mon autonomie".

C'est Fritz Lang qui aurait dû tourner «Winchester 73» deux ans auparavant, mais Mann est parti d'une feuille blanche annonçant que le scénario de Lang ne l'intéressait absolument pas.

On remarquera la très belle photographie du vétéran William H Daniels, un des plus grands chefs opérateurs américains..

Dans des petits rôles, deux apparitions furtives de deux jeunes débutants devenus célèbres par la suite : Tony Curtis et Rock Hudson.

L'actrice Jean Simmons était prévue au départ dans le rôle de Lola Manners.

En 1967, Dan Duryea obtient un rôle pour le remake télévisé de «Winchester 73» conservant son titre d'origine, avec Tom Tryon dans le personnage de Lin McAdam.

Dans les salles de France, «Winchester 73» sort en août 1951 et attire un peu plus de 900 000 spectateurs. A mon avis, on devrait interdire toute sortie en cette période de l'année !

Fernand Cabrelli (juin 2007)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 24-9-2016