HOUSE OF WAX

«L'homme au masque de cire», de André De Toth (U.S.A., 1955)

Vincent Price
Frank Lovejoy
Phyllis Kirk
Carolyn Jones
Paul Picerni
Paul Cavanagh
Charles Bronson
Roy Roberts
Nedrick Young
André de Toth
Vincent Price
Frank Lovejoy
Phyllis Kirk
Carolyn Jones
Paul Picerni
Paul Cavanagh
Charles Bronson
Roy Roberts
Nedrick Young
André de Toth

la petite histoire…

afficheaffiche originale

«L’homme au masque de cire» est le remake du film «Masques de cire» de Michael Curtiz (1933).

Alors que la version de Curtiz avait été tournée en technicolor bichrome, celle du réalisateur André de Toth utilisait le nouveau procédé stéréoscopique projetant une image en 3 dimensions. Pendant la séance, les spectateurs devaient posséder des lunettes à verre “polaroïd” bicolore; ils pouvaient également profiter d’un son stéréophonique. L’entracte, glissé au milieu du film, permettait au public de se relaxer, car il faut bien reconnaître que cette spécificité est un peu éprouvante pour les yeux.

«House of Wax», le premier film de la Warner Bros tourné en relief 3D, lança toute une série de films fantastiques utilisant le même procédé. Paradoxalement, son réalisateur, borgne, ne put pas voir le résultat de son travail !

L’acteur Vincent PriceVincent Price raconte: "Ils voulaient un directeur pour tourner un film en 3 dimensions et ils ont embauché un homme qui ne pouvait pas voir en relief ! André de Toth a été un très bon réalisateur, mais n’était pas le bon directeur pour la 3D. Malgré tout, il a été en grande partie responsable du succès du film".

André de Toth affirme que ce n’est pas Jack Warner qui l’a choisi pour réaliser ce film, mais que lui-même le harcelait depuis des mois pour essayer ce nouveau procédé. Le nabab n'y était pas favorable, mais devant l’insistance du producteur Brynie Foy, qui croyait aux vertus du 3 D pour éloigner la concurrence des petits écrans qui commençaient à envahir les foyers américains, celui-là finit par céder.

André De Toth : "Warner savait qu’on rigolerait autour de lui, la preuve qu’il savait qu’on se foutrait de lui, c’est qu’il m’a interdit de porter mon bandeau sur le tournage. A l’époque, je ne le portais pas tout le temps…".

Le tournage de «House of Wax» fut très laborieux pour Vincent Price :

"Je devais arriver au studio tous les matins à 5h30 pour le maquillage de mon visage qui représentait 3 heures de préparation et c’était une grosse souffrance pour moi… On a tourné avec des caméras énormes et à cause du manque de maniabilité de ses encombrantes machines, j’ai dû entreprendre des scènes dangereuses. L’action la plus périlleuse a été au début quand le feu se propage dans le musée et que je cours sous un balcon en flamme juste avant qu’il s’écroule. Je l’ai vraiment fait. Auparavant, je m’étais exercé avec un cascadeur. Tous les obstacles qui pouvaient traîner à terre et qui auraient pu me faire tomber ou glisser furent enlevés. Je devais respecter un itinéraire bien précis pour approcher les figures de cire enflammées puis je devais m’engouffrer dans un minuscule abri juste avant que l’imposant balcon en flamme s’effondre. Ce fut terrifiant. !"

Les acteurs…
afficheVincent Price

Le succès du film permit à Vincent Price d’aborder les premiers rôles dans d’autres films d’épouvantes. L’année suivante, il tournait deux autres films en 3D («Mission périlleuse» de Louis King et «The Mad Magician/Le tueur porte un masque» de John Brahm) qui ne devaient pas atteindre la renommée de celui-ci. Dans les années 60, le réalisateur Roger CormanRoger Corman fera de Price son acteur fétiche dans plusieurs de ses films tiré des nouvelles d’Edgar Alan Poe.

Le rôle, très remarqué, de Igor, l'assistant du diabolique professeur, est tenu par un certain Charles BuchinskyCharles Bronson qui prendra l’année suivante le pseudonyme de Charles Bronson. "Ce n’était peut-être pas un haltérophile, mais il était bien bâti et aurait pu travailler dans les mines de charbons. Il avait le visage d’une brute et il était parfait pour le rôle. André De Toth me fit soulever par lui pour qu’il m’éjecte à terre", déclara son partenaire, Paul PicerniPaul Picerni, qui eut lui aussi son heure de gloire dans les années 60 grâce à la série télévisée «Les incorruptibles».

Celui-ci voyait d'un mauvais oeil la scène où Charles Bronson devait lui passer la tête sous la guillotine. Incrédule, Il approcha un caméraman pour lui demander s'il s'agissait d'une blague : "J’ai demandé à André De Toth comment il avait l’intention de contrôler la lame. Il me répondit que son propriétaire devait s’asseoir en haut de la guillotine tenant la lame entre les jambes pour la faire tomber aussitôt après m’en être extirpé. !". Picerni exiga davantage de sécurité, mais le réalisateur l’envoya “sur les roses” !

Paul Picerni : "J’étais sous contrat à la Warner et je ne pouvais pas lutter contre le réalisateur car j’aurais pu être licencié ou perdre mon contrat et j’avais une femme sur le point de mettre au monde un enfant". Mais au moment de tourner la scène, Picerni ne bouge pas tandis que tous les acteurs se placent. De Toth lui demande très froidement de mettre la tête sous la guillotine. L’acteur se résout à lui dire qu’il ne le fera pas dans ces conditions. Les deux hommes s’injurient et Picerni se retrouve suspendu. Quelques jours plus tard, un représentant du studio lui demanda de revenir mais à la seule condition qu’il acceptat de tourner la scène comme le metteur en scène le souhaitait. Finalement, Andre De Toth voulut bien faire ajouter une barre en métal insérée sous la lame de la guillotine qu’on enlèverait quand la tête de Picerni serait dégagée de cette infernale machine.

«L’homme au masque de cire» sortit en France en juin 1953, attirant près de 1 500 000 spectateurs dans les salles.

Fernand Cabrelli, août 2008

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.8.1.1 : 6-10-2016