Lucien BAROUX (1888 / 1968)

… un comédien populaire

Lucien Baroux

Il nous a quittés alors que la France vivait les événements de 1968, et sa sortie avait été discrète.

Lucien Baroux, avec sa bonne humeur légendaire, son intelligence et sa malice digne à la fois de Polichinelle et de Tartarin, méritait bien sa place dans notre Encinémathèque.

Voilà donc la page que nous lui consacrons pour permettre à ceux qui l’ont connu mais aussi à ceux qui vont faire sa connaissance de le retrouver.

Donatienne

La carrière…

Lucien BarouxLucien Baroux

Marcel Lucien Edouard Barou (ref. Les Gens du Cinéma) naît le 21 septembre 1888 dans la ville rose de Toulouse, qui n’a pas oublié de lui rendre un hommage durable en donnant son nom à l’une de ses rues.

Ses parents sont commerçants, mais lui, dès l’âge de seize ans, est attiré par Paris et surtout par le monde du théâtre. Son rêve se réalise puisqu’en 1912, il monte vers la capitale.

Il faut bien travailler et il accepte tous les petits boulots qui s’offrent pourvu qu’ils lui permettent d’approcher les scènes et les comédiens. Ainsi, tour à tour, on le voit figurant, souffleur puis régisseur.

Il décroche également quelques rôles discrets dans des films muets comme dans «Britannicus». Il gardera de ce film un souvenir particulier : le metteur en scène ne lui avait-il pas prédit qu’il ne ferait jamais de cinéma ?

A ce propos, il écrira pour les jeunes qui se lancent dans la profession: "Je crois que les débutants ne devraient pas se fier aveuglément aux avis définitifs de quelque poncif…" et comme exemple il narrait cet épisode: en 1939, un jeune scénariste lui apporte une histoire de son cru, intitulée «Monsieur Nicolas». A la lecture du livret, Lucien est carrément enthousiaste et il le propose à un producteur qui déclare qu’il n’avait jamais rien lu d’aussi idiot… C’était la première mouture de «La cage aux rossignols» reprise par Noël‑NoëlNoël-Noël sur une idée de Georges Chaperot et René Wheeler, l’année suivante, avec le succès que l’on connaît et qui ira jusqu’aux Choristes de 2004 !

Revenons en 1914…La guerre…Il est mobilisé…

Au retour, il retrouve un poste de régisseur, poste qu’il occupera dans différents théâtres, celui du Musée Grévin, puis les théâtres Fémina et Michel, enfin Les Bouffes Parisiens.

Un jour, il a l’opportunité de remplacer au pied levé un comédien qui ne pouvait tenir son rôle dans la pièce «Souris d’hôtel». C’est le début d’une belle carrière au théâtre, au cinéma ( une centaine de films!) et même dans des opérettes…

Au théâtre, on l’applaudira dans de nombreuses pièces: «L’école des femmes» avec Pierre DuxPierre Dux et Huguette HueHuguette Hue, qu’il jouera en tournée dans toute la France après les représentations parisiennes. Au théâtre des Variétés, il jouera dans «Le père de madame» sous la houlette de Fernand LedouxFernand Ledoux, avec Micheline FranceyMicheline Francey et Annick AlaneAnnick Alane. On le vit également, en 1961, dirigé par Luchino Visconti dans «Dommage qu'elle soit une putain», avec Romy Schneider, Daniel Sorano et Alain Delon.

Artiste aux multiples facettes, il contribuera au succès de plusieurs opérettes charmantes comme «La mascotte» d’Edmond Audran où il incarne Laurent XVII, un roi imaginaire et truculent ou «Passionnément» d’André Messager.

L'homme…

Lucien BarouxLucien Baroux

Lucien Baroux fut un de ces acteurs-seconds-rôles que l’on apprécie pour leur gentillesse, leur bonhommie, sachant parfaitement communiquer leur joie de vivre. Sa figure rondouillarde et très facilement souriante en a fait un artiste populaire. Par tempérament, c’était aussi un comédien sincère, respecteux de son public. Intelligent, cultivé, il aimait la lecture et la musique et avouait que son rêve secret aurait été d’embrasser une carrière de chef d’orchestre.

Il était également amateur de sports, et dans sa jeunesse avait pratiqué régulièrement le tennis, et le canotage. Grand pêcheur de truites devant l’éternel, il considérait avec malice cette activité, comme un sport aussi et "l’un des plus difficiles" ! Enfin il aimait s’essayer au cinéma d’amateur ce qui l’amusait énormément.

l'acteur…

Lucien Baroux«Arènes joyeuses» (1935)

"Comme je venais du théâtre, j’éprouvais surtout avant de me voir à l’écran un sentiment de curiosité. Il faut l’avouer, le théâtre a une technique qui se renouvelle sans cesse. C’est à l’acteur, chaque soir, de s’adapter à son rôle. Au cinéma, une fois sur la pellicule, il n’y a plus à revenir en arrière." Lucien Baroux.

Ses principaux films :

Lucien Baroux s’est éteint le 21 mai 1968 à Hossegor, où il avait une propriété, alors qu’il n’avait pas encore fêté ses 80 ans ; les médias étaient alors trop préoccupés par d’autres événements pour divulguer la nouvelle si bien que le public ne s’est pas aperçu qu’il n’était plus là…

Il reste heureusement les nombreux films où l’on a plaisir à le revoir…

Documents…

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Remerciements: A Philippe et Annie Berthelot, de Toulouse, pour leur aide amicale.

Citation :"Le public vaut mieux que les œuvres qu’on lui destine généralement" (Lucien Baroux)

Lucien Baroux dans les années 30…
Donatienne (juin 2007)
Ed.7.2.2 : 3-11-2016