Ernest BORGNINE (1915 / 2012)

Enfance et jeunesse…

Ernest BorgnineErnest Borgnine

A l'âge de deux ans, ses parents se séparant, il vit à Milan avec sa mère, une véritable comtesse italienne. Cinq années plus tard, le couple se reforme et la vie familiale reprend son cours normal dans le Connecticut.

Le jeune homme entreprend des études secondaires au cours desquelles il a l'originalité de découvrir, non pas l'art dramatique, mais… la boxe. C'est pourtant au volant d'un camion de légumes qu'il fait, un peu plus tard, son entrée dans la vie active.

Maman rêve d'une carrière artistique pour son rejeton qui, de son côté, se sent irrésistiblement attiré par les grandeurs océanes. Tant et si bien qu'à l'âge de naviguer de ses propres voiles, le jeune homme, las de chercher un autre métier dans une Amérique en proie à la plus forte crise économique de son histoire, s'engage dans l'U.S.Navy. Nous sommes en 1935 et Ermes passera ainsi la Seconde Guerre Mondiale sur toutes les mers du globe, servant tour à tour sur le «Lamberton» et le «Sylph».

Et pourquoi pas l'art dramatique, si ça doit faire plaisir à maman ?

Démobilisé en 1945, le jeune homme cherche sa voie. Le travail en usine, auquel il se soumet dans un premier temps, n'est pas une sinécure. Aussi Ermes a la sagesse de céder aux conseil de Mama : il s'inscrit au cours d'art dramatique de la Randall School de Hartford, Connecticut.

Peu après, le voici membre d'une troupe théâtrale, le "Barter Theatre", dans laquelle il rend de menus services et tient les rôles laissés vacants. Il découvre ainsi l'univers du théâtre et de la comédie, et se découvre une passion pour ce métier. A la quête de tout ce qui peut servir à travailler son hypothétique talent, il accepte de nombreux rôles dans des tournées nationales. Au cours de l'une d'elles, il est enfin remarqué par le metteur en scène Brock PembertonBrock Pemberton qui lui conseille de tenter sa chance à Broadway.

Ci-fait, dans la pièce de théâtre «Harvey», où il tient un rôle d'infirmier qui attire sur lui l'attention d'un producteur de cinéma…

Hollywood…

Ernest BorgnineErnest Borgnine, Marty

Son premier film, «The Wistle at Eaton fall/Quand la foule gronde», avouons-le, ne nous laisse pas un souvenir impérissable.

Mais sa prestation , en 1953, dans «Tant qu'il y aura des hommes» lui met le pied à l'étrier. Dans le rôle d'un vilain sergent, il pousse l'ignominie jusqu'à tuer Frank SinatraFrank Sinatra !

Cantonné, par son physique, dans des rôles d'affreux et de méchants, l'infatigable Ernest passe sans encombre du péplum («Demetrius and the Gladiators», 1954) aux westerns («Johnny Guitar», "Vera Cruz", 1954,…). On ne peut en dire autant de ceux qui eurent la malchance de lui tomber sous la main !

La même année, on peut le voir aux côtés de Spencer Tracy dans «Bad Day at Black Rock/Un homme est passé)», film traitant du racisme envers la communauté nippone d'Amérique, en réaction aux événements de Pearl Harbor".

L'oscar pour un rôle de gentil…

Mais qui donc eut l'idée d'employer cette brute à contre-emploi dans «Marty» (1955) ?

Dans ce rôle de boucher au cœur plus tendre que sa viande, en quête d'une épouse qui n'est pas de la caste familiale, le vilain Ernest va émouvoir la planète entière… En tout premier lieu l'Amérique et son petit monde cinématographique qui lui attribue l'oscar du meilleur acteur, face à des “monuments” de l'époque, comme Spencer Tracy, Frank Sinatra, James DeanJames Dean ou encore James CagneyJames Cagney ! Et, cerise sur la statuette, c'est Grace Kelly qui lui fait la bise ! Quelques semaines plus tard, l'oeuvre se verra gratifiée de la Palme d'Or au Festival de Cannes 1956.

Par la suite, Ernest Borgnine n'eut guère l'occasion de tenir les premiers rôles. Il me revient, pour ma part, sa prestation, aux côtés de Bette Davis et Debbie ReynoldsDebbie Reynolds, dans «The Catered Affair/Le repas de noces», 1956, un film assez atypique dans la carrière de son réalisateur, Richard Brooks, et dans l'histoire de l'Hollywood des années cinquante, tout au moins pour une oeuvre de série "A".

Après l'oscar…

Ernest BorgnineErnest Borgnine, McHale

Ce retour aux seconds rôles ne devait pas le laisser amer, car Ernest Borgnine tourna énormément, et jusqu'en ce XXIème siècle, lorsque sa santé le lui permettait.

Mais là ne se termine pas la carrière de cet acteur prolifique. Si le reste relève davantage de la nécessité de remplir la marmite - disons-le une fois pour toute, même pour un artiste, il n'y a aucune honte à travailler pour gagner sa vie - le bonhomme ne connaîtra jamais la douceur de la retraite - même, s'il n'y a pas plus de honte à continuer de gagner sa vie après avoir bien travaillé ! Nous n'allons pas décliner le reste de sa trop longue filmographie, mais vous inviter à cliquer sur l'onglet idoine pour vous en faire une petite idée.

Signalons enfin ses multiples apparitions clownesques, depuis le début des années 90, à la Milwaukee's Great Circus Parade, ainsi que ses prestations télévisées (la série «Airwolf» de 1984 à 1986, le téléfilm «Tierärztin Christine» en 1993 pour la télévision allemande, etc).

Un homme de tempérament…

Ernest BorgnineErnest, ses enfants et sa 4ème épouse, Donna

Fort apprécié à Hollywood, où sa bonne humeur légendaire le fit aimer de tous, Ernest Borgnine n'en fut pas moins un bourreau des cœurs. A moins qu'il ne fut la victime du sien, allez savoir !

Depuis 1965, l'acteur vivait, avec ses dernières familles, dans sa maison de Beverly Hills. Membre influent de la franc-maçonnerie (“33ème degré selon le rite écossais”, mais j'ignore ce que cela signifie !), il fut le président honoraire de la loge d'Abingdon (Virginie) jusqu'à sa disparition.

Sa seule concession au temps, voleur d'espérance, fut de cesser, en 1988, de parcourir le pays au volant d'un minibus qui lui permettait de multiplier les contacts avec ses contemporains. Car quelques jours avant sa mort, survenue le 8 juillet 2012, ce brave Ernest apparaissait encore sur les écrans américains dans ce qui demeurera son dernier film, «The Man Who Shook the Hand of Vicente Hernandez».

Documents…

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Un homme est passé…

Citation :

"Il n'est pas nécessaire d'être grand, brun et beau pour devenir une star de cinéma… Mais je suis le premier à le prouver !"

Ernest Borgnine
Christian Grenier (mars 2013)
Ed.8.1.2 : 2-4-2017