Jeanne CRAIN (1925 / 2003)

… femme avant d'être actrice

Jeanne Crain

Jeanne Crain, actrice américaine des années 40/50 peu connue en France, eut une trajectoire particulière dans le firmament tout tracé où scintillent de si nombreuses étoiles trop souvent sorties d'un même moule.

Là où tant d'autres sacrifient tout à leur carrière, elle décida, le moment venu, de redescendre sur Terre pour se consacrer à sa famille, laissant paillettes et oripeaux à celles qui ne surent pas vivre dans l'ombre. Il est vrai qu'être mère de sept enfants ne laisse guère le temps de caresser les nuages…

Christian Grenier

Les débuts…

Jeanne CrainJeanne Crain

Cette ravissante brune est née à Barstow, Californie, le 25 mai 1925, de parents irlandais, monsieur professeur d'anglais, puis directeur du département linguistique de la Inglewood High School, et madame, mère au foyer. On lui connaît une sœur, Rita

Jeanne Crain suit des cours de théâtre au lycée avant d'étudier l'art dramatique à la fameuse université de Los Angeles UCLA.

Devenue une belle adolescente, Jeanne remporte un concours de beauté, devenant par la même occasion Miss Long Beach en 1941, puis Miss Camera l'année suivante.

Remarquée par le réalisateur Orson WellesOrson Welles, qui cherche une nouvelle actrice pour «La splendeur des Amberson», elle ne sut pas saisir sa chance.

C'est le producteur Darryl Zanuck qui remporta le gros lot, et, après une première figuration («The Gang's All Here», 1943), la fait véritablement débuter dans «Home in Indiana/Le jockey de l'amour». On la voit alors apparaître dans quelques comédies musicale, vocalement doublée par Louanne Hogan («State Fair», «Margie»,…).

La carrière…

Jeanne Crain«Pinky» (1949)

Très rapidement , Jeanne tourne sous la direction de grands metteurs en scène: George Cukor («Winged Victory», 1944), Otto Preminger («In the Meantime, Darling», 1944), John Stahl («Leave Her to Heaven»,1945), Joseph Mankiewicz («A Letter to Three Wives»)…

En 1949, la jeune actrice réalise sa plus grande performance, interprétant le rôle d'une insolite négresse blanche (le public américain n'aurait pas accepté qu'une femme noire puisse tourner des scènes d'amour avec un homme blanc) dans «Pinky», d'Elia Kazan. Jeanne recueille le fruit de son travail sous la forme d'une nomination aux Oscars.

En 1954, elle décide de prendre sa carrière en main et s'émancipe des producteurs de la Fox. Elle apparaît alors dans le magnifique western de King Vidor, «Man Without a Star» (1954), avant de partager l'affiche avec Jane Russell pour une séquelle de «Gentlemen Prefer Blondes» réalisée par Richard Sale, «Gentlemen Marry Brunettes». Mais, chez Jeanne Crain, l'actrice n'écrase jamais la femme, qui passe le plus de temps possible dans la ferme familiale…

La vie privée…

Jeanne CrainJeanne et Paul Jr

… Car Jeanne Crain fut l'épouse d'un seul homme, Paul Brinkman, acteur éphémère sous le nom de Paul Brooks. Entre 1946 et 1965, ils n'eurent pas moins de sept enfants : Paul Jr (1947), Michael (1949), Timothy (1950), Jeanine (1952), Lisabette (1958), Maria (1961) et Christopher (1965) ! Mais le couple fit la une des journaux, en 1956, lorsqu'un procès en divorce les opposa. Le public apprit alors les exigences sexuelles excessives du mari ! Mais la loi imposait un délai d'un an avant la rupture définitive, délai pendant lequel le couple se recomposa.

Au début des années soixante, l'actrice entame une seconde carrière en Italie, avant de prendre peu à peu ses distances avec le cinéma. Elle se retire finalement en Caroline du Sud, aux côtés de son désormais rancher de mari, pour s'adonner à la peinture, non sans talent, ma foi…

Paul Brinkman décède le 1-10-2003. Deux mois plus tard, son épouse, jamais remise, le suit dans la tombe.

Documents…

Sources : Imdb, documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Par ailleurs, notre collectionneuse, Marlène Pilaete, a publié une planche sur Jeanne Crain dans sa galerie N°3.

Citation : "Il vient un temps où une actrice se lasse de toujours rester à la même place." (Jeanne Crain)

Les hommes épousent les brunes…
Christian Grenier (septembre 2004)
Ed.7.2.1 : 7-12-2015