Joan COLLINS (1933)

… une Anglaise à Hollywood

Joan Collins

Alexis Carrington, célèbre héroïne de «Dynasty», n'était pas née de la dernière pluie. Cela faisait déjà trente ans que Joan Collins grillait sous les sunlights lorsque la fameuse série télévisée fit sa première apparition sur les petits écrans américains, avant d'envahir l'Europe et le reste du monde.

Car le mot qui caractérise le mieux cette actrice à l'éternelle jeunesse semble bien être “longévité”. Et lorsque le temps fut venu de privilégier l'art de l'écriture, c'est souvent cette image qu'elle perpétua, dans une suite d'ouvrages souvent consacrés à la conservation des corps.

Faut dire qu'elle connut son premier succès dans «La terre des pharaons». C'est dire si elle connaît le sujet !

Christian Grenier

De Londres à Hollywood…

Joan CollinsJeune et déjà belle…

Elle est née Joan Henrietta Collins, à Londres, le 23-5-1933, dans une famille modeste. Son père, d'origine sud-africaine, est directeur artistique. Soeur ainée de la future romancière Jackie Collins (1939) et de Williams Collins Jr, futur agent fédéral (1946), elle n'a que 9 ans lorsqu'elle tient son premier rôle dans la fameuse pièce d'Ibsen, «Maison de poupée».

Après des études à la Royal Academy of Dramatic Arts de Londres (1949/ 1950), Joan est prise sous contrat par la compagnie britannique Rank Organisation. On envisage pour elle le rôle de «Lady Godiva» dans le film du duo Frank Launder - Sidney Gilliat. Mais la jeune actrice ne donne pas entièrement satisfaction et récolte finalement un rôle secondaire dans ce «Lady Godiva Rides Again» (1951). Il en sera ainsi pendant quelques films et il faut attendre 1953 - «Decameron Nights/Les pages galantes de Boccace)» - pour la voir accéder à un personnage plus consistant, aux côtés de Joan FontaineJoan Fontaine et Louis JourdanLouis Jourdan.

Pendant sa carrière à la Rank, elle rencontre un jeune acteur, britannique comme elle, Maxwell Reed. Le mariage a lieu en 1952. Il tiendra 4 ans. Ce qui n'est pas si mal, considérant l'information que l'on peut découvrir sur le site internet Imdb: "Son époux tenta de la vendre à un cheik arabe quelques mois après leur mariage !!!".

En 1955, Joan Collins parvient à obtenir un rôle dans le film de Howard Hawks, «La terre des pharaons». Elle y est resplendissante, au point que la 20th Century Fox lui fait signer un contrat de 7 ans. Cette opportunité lui permet de donner la réplique à quelques unes des plus grandes vedettes hollywoodiennes de l'époque: Bette Davis («The Virgin Queen/Le seigneur de l'aventure», 1955), Ray MillandRay Milland («La fille sur la balançoire», 1955), June AllysonJune Allyson («The Opposite Sex», 1956), James MasonJames Mason et à nouveau Joan Fontaine («Une île au soleil», 1957)… Elle est encore remarquable de beauté dans «The Bravados» (1958), face à un Gregory Peck revanchard, et désirable et un tantinet allumeuse à l'égard de Paul Newman dans «Rally Round the Flag, Boys/La brune brûlante» (1958). Enfin, Raoul Walsh, autre grand maître du cinéma américain, la retient pour son film «Esther et le roi» (1960), sorte de peplum qui est loin d'être son meilleur film.

Une grande carrière américaine se dessine pour la charmante actrice britannique…

Du cinéma à la télévision…

Joan Collins… avec Linda Evans dans «Dynasty»

Mais la critique en décide autrement, qui ne voit dans la jeune femme qu'une beauté sans talent. Après une dernière apparition entre deux astronautes comiques, Bing Crosby et Bob Hope, («The Road to Hong Kong/Astronauttes malgré eux», 1962), la belle enfant rentre au pays.

Tandis qu'elle devient, après une longue liaison avec Warren Beatty, l'épouse du chanteur Anthony Newley (1963), sa carrière cinématographique connaît une période de disette. Les films dans lesquels elle apparaît ne laissent pas de grands souvenirs aux cinéphiles, tandis que se multiplient ses apparitions sur le petit écran. C'est derrière cette petite lucarne que Joan Collins apparaît au monde entier dans ce qui restera finalement le rôle de sa vie, celui de la belle et méchante Alexis Carrington dans la série télévisée «Dynasty» (1981/1989), montée par le producteur Aaron Spelling pour faire face à «Dallas» et son horrible J.R.

Du côté du septième art, les années soixante marquent l'entrée de la star dans le monde du fantastique. «Tales from the Crypt/Les horreurs de la crypte» (1971) et «Tales That Witness Madness» (1973), tous deux du vétéran Freddie Francis, lui permettent de refaire surface. "Joan Collins, on en reprendait", semblent alors se dire les producteurs et les fourmis géantes qui l'entourent dans son dernier film du genre, «L'empire des fourmis géantes» (1977)…

Des sunlights au pupître…

Joan CollinsL'instinct de conservation !

Tandis qu'on peut la voir au générique de quels films connus - «Le grand sommeil» (1978), «Sunburn» (1979) ou encore «Game for Vultures/Le putsch des mercenaires» (1979) - l'éternelle jeune femme, écartée des derniers épisodes de «Dynasty» par mesure économique, se découvre un talent d'écrivain qu'on ne lui connaissait pas, suivant en celà les pleins et les déliés de sa soeur cadette, Jackie.

C'est ainsi que paraît le premier épîsode de sa biographie, «Past Imperfect» (1985), ainsi que quelques romans, («Love, Desire & Hate» en 1990, «Infamous» en 1996…) ou des livres de beauté dans lesquels elle délivre tous les secrets de son éternelle jeunesse. Enfin, presque tous...

Entre temps, elle aura incarné quelques uns des personnages érotiques créés par sa soeur dans des oeuvrettes comme «The Stud» (1978) ou «The Bitch» (1979), rôles qui contribueront à perpétuer son image de sex-symbol.

Ce dont ne se sont pas plaints ses derniers époux en date, le producteur musical Ronald Kass (1972, père la même année de sa fille Katyana qui restera plusieurs mois dans le coma à la suite d'un accident de la circulation) et le chanteur pop suédois Peter Holm, plus intéressé par l'argent que par les charmes de son épouse. Aussi n'est-ce pas sans surprise qu'on la vit apparaître en 1996 au générique du film de Kenneth Branagh, «In the Bleak Midwinter/Au beau milieu de l'hiver».

Plus méritoire est son engagement dans des actions charitables, notamment envers les enfants cancéreux, qui lui vaudront, peut-être davantage que ses apports aux arts dramatique et littéraire, d'être honorée de l'Ordre de l'Empire Britannique.

En février 2002, Joan Collins épouse en cinquième noces le directeur de théâtre Percy Gibson, rencontré alors qu'elle se produit dans une pièce d'A.R. Gurney, «Love Letters». Les amoureux partagent leur bonheur, entre autres, dans leur propriété française d'Aix-en-Provence.

Documents…

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation :

"Ce n'est pas parce que j'ai joué quelques rôles de fameuses p… que je suis une femme vicieuse dans la vie ! Je suis une mère qui élève et aime ses enfants."

Joan Collins
La maman et la p…
Christian Grenier (septembre 2005
Ed.7.2.1 : 14-12-2015