Gérard BARRAY (1931)

… de capes et d'épées

Gérard Barray

Gérard Barray, comme son lointain “cousin” de la Gascogne voisine, D'Artagnan, a quitté sa ville natale de Montauban pour “monter” dans la capitale.

Bon musicien, pianiste de talent, c'est dans la chanson qu'il fait ses premières armes. Il devait en changer rapidement pour prendre l'épée et nous divertir dans toute une série de films d'aventures, genre aujourd'hui réservé au petit écran. Parallèlement à ce transfert, ses apparitions sur les toiles blanches se sont faites rares ces dernières années.

Mais on put le remarquer récemment dans l'étrange film de Alejandro Amenabar, «Abre los Ojos»

Donatienne

Article paru dans le magazine Cinémonde , N° 1386 du 28-2-1961

Gérard Barray sera le 12eme D'Artagnan…

Gérard BarrayGérard Barray

Celui qui s'exprime ainsi, le Montalbanais Gérard Barray, vient d'être engagé par Bernard Borderie pour incarner à l'écran le plus populaire des trois mousquetaires (qui sont quatre, nul ne l'ignore). Gérard appartient à cette catégorie d'hommes que, chez lui dans le midi, on qualifie de “beau poulet”. Il mesure 1 m 82, pèse 77 kilos, a joué au rugby comme trois-quart aile et il vaut mieux ne pas le “chercher” à la bagarre… En tous cas, avis aux amateurs: si on le cherche on le trouve… et il cogne sec !

Tenaillé par le démon du spectacle, Gérard a lâché un beau jour ses études de médecine, qu'il suivait à la Faculté de Toulouse. Il est “monté” à Paris. Pour vivre - pour subsister plutôt - Gérard a joué du piano dans un orchestre de jazz, puis a composé des chansons et, enfin, a monté avec son copain Serge Rousseau un numéro de tour de chant à deux, présenté au cabaret l'Écluse.

Gérard débute ensuite au théâtre… en remplaçant Pierre Vaneck dans «L'éventail de Lady Wintermere». On commence à parler de lui, Mais l'armée l'appelle. Et quand il revient d'Algérie, deux ans après, il faut repartir à zéro.

Jacques Doniol-Valcroze l'engage dans L'eau à la bouche.

En voyant ce film, beaucoup de spectateurs font la fine bouche.Pas Edwige Feuillère, qui convoque Gérard, l'auditionne et l'engage pour reprendre à ses côtés le rôle créé par Jean Marais dans l'Aigle à deux têtes. Jean Marais félicite son remplaçant : "Tu joues mieux que moi". Pierre Gaspard-Huit, après avoir assisté à toute la représentation, engage Gérard, dans Le Capitaine Fracasse, en lui donnant le rôle de l'ennemi mortel de… Jean Marais.

Tout au long du film, Jean et Gérard ne cessent de se battre… sans être “doublés”. Bernard Borderie, qui se prépare à tourner Les Trois Mousquetaires et cherche son D'Artagnan, demande à voir les “rushes” de la plus violente des bagarres (regardez nos photos, vous verrez que les deux hommes ne se sont pas ménagés). Il est enthousiasmé, convoque Gérard Barray pour un essai, jugé concluant.

"- Au cours de cette bagarre j'ai envoyé à la figure de Jean Marais tout ce qui me passait sous la main, une bûche enflammée, une hallebarde, une hache, un tabouret… J'avais peur, je l'avoue, de blesser Jean. Mais il a tout esquivé. Et maintenant, je ne suis plus un “méchant”, mais un “gentil” avec le rôle de D'Artagnan. Les rôles «gentils» sont sympathiques au public, mais les rôles “méchants”… c'est si amusant à jouer !."

Ed.7.2.1 : 17-12-2015