Peter LAWFORD (1923 / 1984)

… le séducteur du “Rat Pack”

Peter Lawford

Peter Lawford : voilà un séducteur de la grande époque holywoodienne d’après-guerre !

Son sourire coquin en aura séduit plus d’une ! Mais derrière ce charme évident, la réalité n’était pas aussi romantique.

Découvrons l’histoire de ce comédien à double facette, qui joua un rôle dans l’entourage de son beau-frère John F.Kennedy, qui fit partie du sulfureux “Rat Pack”, et qui fut un intime de la mythique Marylin Monroe.

Maintenant qu’il a rejoint le firmament du cinéma, retenons de lui, son élégance, son talent et son regard enjôleur …

Donatienne

Une entrée dans la vie pour le moins compliquée…

Peter LawfordPeter Lawford

Peter Sydney Ernest Aylen, qui n’est pas encore Peter Lawford, naît le 7 septembre 1923 à Londres.

Il est le fils d’un héros anobli à la fin de la première guerre mondiale, Sir Sydney Turing Lawford, devenu par ailleurs un acteur de théâtre, et de May Sommerville Bunny. Mais tout est déjà compliqué pour lui dès le départ…

Au moment où il est conçu, ses parents sont mariés chacun de leur côté. Aylen est donc le nom du premier conjoint de sa mère. Sydney et May, une fois libres, se remarieront . Toutefois, le scandale obligera le couple à quitter l’Angleterre. Peter ignorera le détail de ces secrets de famille et n’apprendra l’entière vérité qu’à l’âge de 27 ans!

Sa mère était une personne un peu particulière: pour une raison bien à elle, elle s’obstinait à habiller son petit garçon en fille ! Bien que très jeune, il en souffrit et cela resta marqué en lui, expliquant peut-être bien des choses…

L’éducation qu’il reçoit est raffinée…un vrai petit Lord dont l’instruction lui est dispensée par un précepteur particulier: il ne va pas à l’école. De sa jeunesse, il gardera toujours cette élégance très british.

Il a 7 ans quand il tourne en Angleterre dans le film «Poor Old Bill» de Monty Banks. Puis à 8 ans, c’est «A Gentleman of Paris» de Sinclair Hill. Mais la législation anglaise interdit aux enfants de moins de 14 ans de travailler. Tout s’arrête donc là !

Les premiers pas dans le monde des adultes et le milieu du cinéma…

Peter LawfordPeter Lawford

Devenu adolescent, Peter suit des études en France, à Grasse exactement; il parlera ainsi notre langue, mais également l’espagnol et l’italien.

Avant de se fixer définitivement aux USA, les Lawford sillonnent le monde à bord de grands bateaux. Le jeune Peter connaît ainsi les lieux mythiques de l’époque, Paris et notre côte d’Azur, Deauville, Sydney, Colombo, Honolulu…

En Amérique, Les Lawford sont bien accueillis par la communauté de Palm Beach, en Floride d’abord, puis en Californie, où ils mènent une vie aisée.

Un accident va marquer l’enfance de Peter : en courant, il passe le bras à travers une vitre et se blesse sérieusement. Les médecins pourront éviter l’amputation mais cette blessure le privera pour toujours de l’usage de sa main droite, ce qui lui évitera la mobilisation pendant la seconde guerre mondiale.

A toute chose malheur est bon ! Cette blessure va ,en fait, être une aubaine pour sa carrière d’acteur. Hollywood voit tous ses comédiens incorporés dans l’armée et Peter sait profiter des opportunités qui se présentent à lui, puisqu’il est disponible. C’est ainsi qu’il signe un contrat d’exclusivité avec les studios MGM.

Sa mère, May, fait encore des siennes: En cachette de Peter, elle insiste auprès de Louis B MayerLouis B. Mayer, un des moguls de la MGM, pour être reconnue et payée comme assistante personnelle de son fils. Comme cela lui est refusé, elle va prétendre que Peter est homosexuel et qu’il a besoin d’être encadré… Ce qui constitue, on en conviendra, une étrange raison.

Le jeune homme gardera toujours une gêne vis-à-vis des indélicatesses de sa mère et leurs relations en pâtiront.

La carrière cinématographique…

Peter LawfordJune Allyson et Peter Lawford (1949)

Sa première apparition sur les écrans américains, il la fit dans «Lord Jeff» (1938) avec le touchant petit Frederic Bartholomew et Mickey Rooney. En 1942, on le vit dans «A Yank at Eton» aux côtés du même Mickey Rooney. Jolis succès…

En 1943, il apparaît discrètement dans 14 films, campant içi et là une silhouette parfois difficile à découvrir («Corvette K-225»,…).

En 1944 on le remarque plus particulièrement dans «Les blanches falaises de Douvres» (1944) dans lequel il campe un jeune soldat de la 2e Guerre mondiale.

Il enchaîne en 1945 avec un gros succès populaire «Le fils de Lassie» (1945) , le célèbre chien colley !

La même année, c’est l’étrange «Portrait de Dorian Gray» (1945) d’Albert Lewin, d’après le livre d’Oscar Wilde, avec Hurd Hatfield et Georges Sanders. Peter y joue David Stone.

En 1947, il a pour partenaire le craquant petit Butch Jenkins dans «My Brother Talks to Horses» (1947). Tout un programme !

Il devient peu à peu une immense vedette dont le fan club explose. Il est la coqueluche de toutes les femmes américaines qui tombent sous le charme de ce séducteur au sourire enjôleur et aux yeux câlins et malicieux. Il reçoit chaque semaine des milliers de lettres enflammées! Il continue à tourner des films comme «Les quatre filles du Docteur March» (1949), où il incarne le sémillant Laurie dans cette histoire romancée , entouré de June Allyson, Elisabeth Taylor, Janet Leigh et Margareth O’Brien.

Nous pouvons également évoquer au passage la tendre histoire racontée par Ernst Lubitsh, «La folle ingénue» (1946) ; il a comme partenaires prestigieux Charles Boyer et la ravissante Jennifer Jones.

Evoquons également la plaisante réalisation de Stanley Donen, «Mariage royal» (1950) avec Fred Astaire et Jane Powell.

A la fin des années 50, il est, aux côtés de la jolie Phyllis Kirk, le héros de la série «The Thin Man», narrant les aventures de Nick et Nora Charles, héros incarnés à maintes reprises au cinéma par William Powell et Myrna Loy. Le feuilleton fera les beaux jours de la télévision française dans les années 60 sous le titre de «Monsieur et Madame Détective».

Il conjugue tous les talents puisqu’on le voit chanter et danser, ce qui lui permet de figurer dans des films-comédie musicales comme «Good News» (1947) et «Easter Parade» (1948), toutes deux réalisées par Charles Walters…

Le “Rat Pack”…

Peter LawfordLe “Rat Pack”

Sur le plan sentimental, Peter est un homme à femmes ; il les aime toutes, qu’elles soient du monde du spectacle ou de la politique ! La liste des conquêtes amoureuses qu’on lui prête est très très longue : Ava Gardner, June Allyson, Lana Turner, Janet Leigh, Rita Hayworth, Lucille BallLucille Ball, Anne Baxter, Judy Holliday, Gina Lollobrigida, Judy Garland, Marilyn Monroe, Grace Kelly, Kim Novak, Lee Remick, Evelyne Keyes, Elizabeth Taylor, Nancy Reagan et même sa belle-sœur, Jacqueline Kennedy-Onassis.

Il a aussi été rapporté que Peter aurait eu le désir d’épouser la belle actrice noire Dorothy Dandridge, disparue tragiquement en 1965 d’une overdose de médicaments. Mais l’intolérance raciale des années 1950 n’aurait pas admis cette union et leur carrière respective en aurait souffert.

En 1954, il se marie avec Patricia Kennedy, la sœur du futur président, qui lui donnera quatre enfants : Christopher (1955) qui deviendra acteur, Sydney(1956), Victoria (1958) et Robin Elizabeth (1961).

Tout naturellement, il fera campagne dans le Parti des Démocrates pour son beau-frère, John F Kennedy, avec le “Rat Pack”, le fameux clan Sinatra.

Evoquons un instant l’amitié qui liait Peter à Frank Sinatra, une relation dans le style "Je t’aime moi non plus" ! Très proches pendant un temps, ils se brouilleront à cause d’un dîner de Peter avec la belle Ava GardnerAva Gardner, puis se réconcilieront pour se fâcher à nouveau…

Le “Rat Pack”, c'est ce clan que l’on retrouve dans «Ocean’s 11» (1960) et dans «Sergeants 3» (1962). Composé de Sinatra, Lawford, Sammy Davies Junior , Dean Martin et Joey Bishop, il a une réputation un peu sulfureuse (on le soupçonnera d’un tas de choses…). Il est placé directement dans l’entourage du Président qui sera assassiné en 1963, et de Robert Kennedy, tué lui aussi. On connaît l’histoire… Il vécut également dans l’entourage de Marylin Monroe, décédée d’un empoisonnement en 1962 ; cause officielle du décès: suicide…

C’est Peter qui présentera Marylin lors de la fameuse soirée où cette dernière entonnera le célèbre «Happy Birthday Mister President». On sait qu’il aura prêté sa maison de Malibu pour favoriser la liaison, devenue officielle depuis, du président avec la blonde actrice.

On a prétendu que Peter, accompagné de son beau-frère Robert Kennedy, avait été le dernier à la voir vivante… Mais cela n’a jamais été confirmé. Ce qui est sûr, c’est que le “Rat Pack” n’a pas été toléré aux obsèques de l’actrice en 1962, sur décision de l’ancien mari Joe Dimaggio, le seul homme sur lequel la blonde actrice pouvait compter !

Côté cinéma, au début des années 60, on put voir Peter Lawford dans «Exodus» (1960), où il campe le Major Calwell, ainsi que dans «Le jour le plus long» (1962), dans la peau de Lord Lovat.

Une anecdote à propos de ce film : un jour, le réalisateur Ken AnnakinKen Annakin le vit arriver en smoking et nœud papillon blanc sur le plateau. l'acteur se justifia par ces mots: "Ma pureté vestimentaire me permet d’oublier un instant que je vais devoir me jeter dans la boue, afin que Hollywood vous félicite pour votre film".

Suivront d’autres rôles de second plan, dont le dernier dans «Where is Parsifal ?» en 1983, où il retrouve Tony Curtis. Sa carrière au cinéma est riche d’environ 55 longs métrages. Mais les choses commencent à se gâter pour lui…

Une triste fin…

Peter LawfordPeter Lawford (1979)

L’échec de son mariage avec Patricia K., la mère de ses enfants, ses brouilles avec Sinatra, la mort entourée de mystères de Marylin, l’assassinat de John et de Robert Kennedy, sa fortune qui fond comme neige au soleil, tout cela va le déstabiliser fortement et faire que sa carrière va s’enliser vers la fin des années 60…

Il tourne encore, certes , mais n’est plus sollicité pour de grands rôles et se voit obligé de se contenter de participations comme "guest star" dans des séries télévisées. On le voit ainsi dans «L’île fantastique», «Ma sorcière bien aimée», «Le Virginien»… Il apparaît dans des shows de variétés, celui de Doris Day, le Judy-Garland show… Il prête son concours à des jeux comme «Pyramide» ou «Password». Il décroche aussi de petits contrats publicitaires

En 1966 Patricia Kennedy demande le divorce "pour infidélité et intempérances dues à l’alcool". Comme il le dira lui-même bien après: "La vie n’a plus jamais été la même, c’est comme si ma vie s’était mise en veilleuse".

En 1971, il épouse en secondes noces une très jeune femme de 26 ans sa cadette, Mary Rowan, mais divorce à nouveau en 1975.

Il prend alors comme troisième épouse, en 1976 et pour deux ans seulement, Deborah Gould. Finalement il se marie pour la quatrième fois en 1984 avec Patricia Seaton qui aura du mal à rester avec lui tant il se laissera aller, mais qui sera néanmoins sa veuve.

Il décède en effet le 24 décembre 1984, au Cedars Sinaï Hopital de Los Angeles d’un arrêt cardiaque. Il a 61 ans et termine sa vie de façon triste et lamentable; ses échecs sentimentaux, son refuge dans l’alcool et dans la drogue (il était atteint d’une cirrhose du foie), sa volonté de se laisser aller en ne se lavant plus, en vivant dans une maison immonde abandonnée aux chats… auront précipité sa fin. "Peter avait vieilli de 20 ans ces toutes dernières années" rapportera Liz Taylor qui fut l’une des dernières à l’avoir vu à l’hôpital. Elle témoignera encore que dans les derniers moments, il demandera à ce qu’on lui passe son plus beau costume, comme pour retrouver le jeune "Lord Gentlemen" qu’il aurait voulu être toute sa vie.

A ses obsèques, un bon nombre de cousins du côté Kennedy se retrouveront pour un dernier adieu, mais son fils Christopher confirma récemment qu’aucun membre du “Rat Pack” ne fut présent. Ses cendres furent déposées au Cimetière de WestWood , non loin de la sépulture de Marylin Monroe. Mais un litige avec l’administration du cimetière fera qu’il sera exhumé et que ses cendres seront finalement immergées dans le Pacifique par sa veuve Patricia Seaton Lawford. Même mort, il était instable!

Quand on parcourt l’histoire de sa vie, on ne peut s’empêcher de penser: "Quel dommage!". Peter Lawford avait tout pour lui: du talent, un physique séduisant, une épouse jolie et de beaux enfants, des opportunités, des relations, une place dans la société… et tout a tourné au drame !

Il a été davantage connu comme “le Beau-Frère” - le "Brother-in-Law… Ford", comme l’appelait Sinatra - et le charmeur du “Rat-Pack”, le joli-cœur d’Hollywood. Cependant, il reste des zones d’ombre quant à son rôle dans les relations avec les frères Kennedy assassinés et dans le suicide de Marylin. Ainsi sa fin tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel aura été sinistre ! Il n’aura pu ou su trouver vraiment le bonheur. C’était pourtant un comédien très attachant et humain qui avait comme mauvaises compagnes l’alcool et la drogue qui l’ont détruit complètement !

Documents…

Sources : Imdb, documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Citation : "En dépit de tout, je n'ai que peu de regrets. J'ai eu une vie bien remplie en son temps." (Peter Lawford)

Le beau-fils du Dr.March…
Donatienne (uin 2007)
Ed.7.2.1 : 21-12-2015-2015