Walt DISNEY (1901 / 1966)

… faiseur de rêves…

Walt Disney

On aura tout dit sur lui !

C’était un génie pour certains, un novateur pour d’autres, une énigme pour beaucoup et un mythe pour le monde entier !

Mais qui était véritablement Walt Disney ? Un peu de tout cela, sans doute, et après l’avoir étudié de plus près, je rajouterai un créatif, un conteur, un homme fragile et fort en même temps, pas toujours facile, mais un meneur d’hommes qui aura su se jouer des difficultés.

Finalement il sera resté un éternel enfant émerveillé, il aura été Mickey toute sa vie…

Donatienne

Mickey en culottes courtes…

Walt DisneyWalt Disney

Walter Elias Disney naît à Chicago, le 5 décembre 1901, mais il est vai que certains mentionnent plutôt 1890. Elias, le père, entrepreneur d’origine irlandaise, a construit de ses mains la maison natale de Walter ((que tout le monde appellera Walt). Quant à sa maman, Flora, c’est une femme douce, chaleureuse et drôle qui adore ses enfants : Herbert, Raymond, Roy, les trois garçons aînés que rejoindront plus tard Walter et Ruth, la seule fille de la fratrie. Les enfants grandissent au sein d'une famille unie et aimante.

Après quelques années passées dans le Missouri dans une ferme de la petite ville de Marceline, la famille s'installe à Kansas City. Elias, devenu livreur de journaux, enrôle ses deux plus jeunes fils pour l’aider. Ainsi, entré très tôt dans la vie active, Walt délaissera quelque peu ses études. Néanmoins, il décrochera, en 1917, l’équivalent américain de notre certificat d’études en fréquentant l’école de Benton. A cette époque, en compagnie de son copain Walter Pfeiffer, il découvre le cinéma et Charlie ChaplinCharlie Chaplin qu’ils imiteront dans des sketchs par eux imaginés.

Lorsque la famille regagne Chicago, Walt reste à Kansas City avec son grand frère Herbert. Tout en dégôtant des boulots varié (livreur de journaux et de soda dans les trains, etc), il griffonne de petits tableaux amusants qu'il parvient parfois à vendre. C'est certain, il ne sera jamais très doué en dessin et, lorsqu'il l'aura définitivement admis, il laissera les autres, plus talentueux, le faire à sa place !
Mickey ambulancier…

La Grande Guerre éclate alors qu'il a tout juste 16 ans. Il ne peut y jouer un rôle, mais il veut servir ; en falsifiant sa date de naissance, il devient ambulancier et servira en France ! Le grand enfant qu’il restera toute sa vie n’omet pas de dessiner un joyeux personnage sur son ambulance, histoire de faire sourire malgré tout.

C’est un homme “qui a vu le monde” qui retourne à Kansas City où les siens sont réunis dans leur maison du quartier Bellefontaine. Il veut se lancer dans le dessin malgré les inquiétudes de son père qui l’aidera pourtant à suivre des cours de perfectionnement. Il installe son premier studio, derrière la maison familiale. Tout en occupant un poste dans une firme de films publicitaires, il fabrique de petits pantins qu’il manipule sous l'oeil de la caméra. C'est le début de tout !

Mickey dessine…

Walt DisneyLillian Bounds et Walt Disney

Les studios de New-York sortent déjà de courts métrages animés qui fascinent le jeune Walt Disney. Celui-ci produit de petites histoires, qu’il appelle des “Laugh-o- grams” et fonde même en 1923 une société qui porte ce nom. Un court film d’animation demande un travail titanesque et il réunit une joyeuse équipe de dessinateurs. Ses premières productions s'appellent «Le chat botté», revu et corrigé de façon plus moderne, et une première version d’ «Alice au pays des merveilles» où la petite Virginia Davis, bien réelle, sera introduite dans un monde dessiné, pour toute une série de déclinaisons. Hélas, d’un seul coup, le producteur fait faillite et Walt est ruiné ! Qu’à cela ne tienne, il vend sa caméra et rejoint son oncle Robert à Hollywood qui lui laisse son garage pour en faire un studio.

Toute la famille le soutient et Roy devient son associé. Les deux frères trouvent un nouveau producteur et reforment une équipe pour reprendre les histoires d’Alice sous forme de feuilleton. Une jeune femme du groupe ne reste pas insensible à Walt. Elle s'appelle Lillian Bounds et deviendra sa “Lilli” pour la vie.

A cette époque, les frères investissent dans un projet de studio hollywoodien. Comme leurs distributeurs – Margaret WinklerMargaret Winkler, et son époux Charles Mintz – désirent une autre série entièrement animée, Walt et son équipe créent le lapin Oswald (1927). Le personnage plaît à tel point que le distributeur, peu scrupuleux, se l’approprie et annonce au couple qu’il n’a plus besoin d’eux ! De plus, ayant le droit avec lui, il conserve plus de la moitié des dessinateurs. Oswald n’est plus une création de Disney, il appartient à celui qui a les sous. Mais le temps, bon juge, donnera sa sentence : qui se souvient aujourd'hui d’Oswald le Lapin ? La Compagnie Disney ne récupèrera ses droits sur l'animal qu’en 2006.

Mickey crée Mickey…

Walt DisneyMickey et Walt Disney

L’histoire dit que dans le train du retour, il gribouille sur un bloc un nouveau personnage, la souris Mortimer. Lilli ose s'insurge : "Oh ! Mortimer, je n’aime pas trop… Que penses-tu de Mickey ?". Avec l'un de ses collaborateurs des plus talentueux, Ub Iwerks, Walt peaufine le personnage, mais Ub est le véritable créateur du dessin final de la célèbre souris, comme indiqué sur les premiers documents publicitaires. Quelques courts métrages sont produits, mais il faut ancrer le petit rongeur malicieux de façon plus pérenne. Nous sommes en 1928 et les dessins animés restent encore muets : c'est décidé, Mickey parlera et sa première voix sera celle de son créateur. Le 18 novembre 1928 les spectateurs découvrent ce qu’ils n’ont jamais vu : une souris animée qui parle, chante, danse, rit, siffle au son d’une musique entraînante ! C’est un succès total et MickeyPowers se voit rapidement adjoints de joyeux compagnons, DonaldDonald, Plutopluto, DingoDingo,et même une éternelle fiancée, MinnieMinnie !

Une fois encore, les frères Disney se feront “rouler” par un certain PowersPowers, producteur vénal qui se servait dans la caisse plus qu’il ne fallait. Mais cette fois, la leçon Oswald retenue, Mickey restera bien chez Disney Brothers. Ub, appelé par d’autres sirènes, quittera le bateau, causant une blessure profonde à son patron, avant qu'il ne rentre au bercail (1940).

Parallèlement, entre 1929 et 1939, les studios Disney produisent une série de «Silly Symphonies» dont la fameuse «Danse macabre» (1929), au son de la musique de Saint Saens, constitue une première en synchronisant une animation sur une musique classique.

Mickey et Blanche-Neige…

Walt DisneyPremières esquisses (Cherchez l'erreur !)

Tout va pour le mieux sur le plan professionnel lorsqu'un immense chagrin frappe le couple Disney ! Lilli vient de faire une deuxième fausse couche, laissant peut d'espoir de descencance. Peut-on imaginer Walt Disney sans enfant, lui qui leur consacrera toute sa vie ? Nous sommes en 1931 et Walt emmène Lilli en voyage, refait du sport, décide de poursuivre en couleurs ses «Silly Symphonies», et met en chantier «Les trois petits cochons» qui lui vaut la premières des nombreuses statuettes appelées à couronner sa carrière..

1933, le bonheur frappe à la porte du couple devant laquelle il dépose un enfant inespéré, la petite Diana Mary. Fou de bonheur, Walt manage son équipe au plus près, imagine, créé, innove. Deux ans après, Sharon est adoptée par la famille, une nouvelle joie qui propulse Walt Disney dans la confection de son premier long métrage, «Blanche Neige et les sept nains» (1937). L'oeuvre connaîtra un succès planétaire inoubliable,remportant 1 + 7 petits oscars remis par la jeune Shirley Temple. Heureusement, car Walt, qui avait hypothéqué tous ses avoirs, aurait pu se retrouver ruiné !

Il a désormais les moyens d’envisager les histoires qui lui tiennent à cœur. «Pinocchio» (1940), «Fantasia» (1940, où il reprend l’idée de mettre des dessins sur de grands morceaux de musique classique et qui reste sans doute un de ses plus grands chefs d’œuvre, et «Bambi» (1942) où, contre l’avis de son équipe, il refusera de représenter morte la maman du petit faon, préférant, pour ménager les enfants, faire apparaître la stature rassurante et forte du papa cerf. Pour réaliser les dessins animaliers, il accueillera dans sa propriété de vrais animaux afin de mieux observer leurs mouvements !

Mais la Seconde Guerre Mondiale altère le succès de ces œuvres qui ne sont pas diffusées à l’étranger. Dans ses nouveaux studios de Burbank, Walt doit faire face des mouvements sociaux, certainement justifiés mais qu’il n’aura jamais compris, persuadé de tout faire pour son personnel ! Comble de malheur, ses locaux sont réquisitionnés par des cinéastes militaires. Walt, dérouté et perdu, part voyager…

Mickey et les autres…

Walt Disney«Bambi» (1942)

«Dumbo» (1941), production au budget plus réduit, finit tout de même par sortir des ateliers Walt Disney. A la fin du conflit mondial, le producteur décide de s’attaquer à de “vrais films”. Au cours des deux décennies suivantes, il met en chantier des oeuvres assises sur des thèmes qu’il emprunte à de grands auteurs : «L’ile au trésor» (1950), «Vingt-mille lieues sous les mers» (1954), «Les enfants du Capitaine Grant» (1962), etc; il fait également revivre des personnages légendaires comme Robin des Bois, Davy Crokett, Zorro (pour la télévision); il redonne vie à ces grands musiciens que sont Beethoven ou Johan Strauss; il nous enchante avec de fantastiques histoires d’animaux dans «La légende de Lobo» (1962), «L’incroyable randonnée» (1963), «Les pas du tigre» (1963) ou «L'espion aux pattes de velours» (1965). Il ne renonce pas pour autant aux films d’animation et nous offre «Cendrillon» (1949), «Alice au pays des merveilles» (1951), «Peter Pan» (1952), «La belle et le clochard» (1955), «La belle au bois dormant», «Les 101 dalmatiens» (1961), «Merlin l’enchanteur» (1963) et enfin «Le livre de la jungle» (1967), sorti après sa mort.

Il n’hésite pas à reprendre sa technique consistant à mélanger le rêve à la réalité et produit ainsi «Mary Poppins» (1964), véritable comédie musicale, et l’on n’oubliera pas de sitôt la danse des pingouins, et la façon si originale de ranger une chambre !

Mais nous voici arrivés en 1966, année qui interrompt de façon définitive l’imagination de notre conteur ! La mort qu’il n’attendait pas vient le cueillir très rapidement. Le monde entier apprendra la nouvelle de Mickey lui-même, en larmes… Avant de partir, Walt aura eu le temps de mettre en chantier «Les aristochats», qui sortiront en 1970.

Mickey posthume…

Walt DisneyWalt Disneyet son épouse à Disneyland

Parallèllement à sa carrière cinématographique, Walt Disney aura animé de nombreuses séries télévisées, dont la fameuse «Disney Parade». Par ailleurs, il rêvait d’un lieu où les enfants seraient les rois, où les adultes retrouveraient leurs rêves enfouis, et où le sourire serait de rigueur. Ce souhait se sera concrétisé par la création de parcs à thèmes, d’abord en Californie (Disneyland en 1962), puis en Floride (Disney World en 1971), et enfin dans le monde entier, y compris en France, à Marne-la-Vallée (Euro Disney, en 1992).

Après sa mort, sa fille Diana gardera la tradition familiale, oeuvrant beaucoup pour les associations humanitaires et perpétuant ainsi la mémoire de son père.

Les Productions Disney signeront d’autres chefs d’œuvre et les studios de Burbank ne fermeront pas pour autant : «Les aventures de Bernard et Bianca» et «Peter et Elliot le dragon» (1977), «La petite sirène» (1989), «La belle et la bête» (1991), «Aladin et la lampe merveilleuse» (1992), «Le roi Lion» (1994), «Pocahontas» (1995), et d'autres encore viendront perpétuer la série des contes classiques de Walt Disney. Elles créeront toute la troupe de personnages entourant WinnieWinnie l’ourson. Aujourd’hui encore, malgré la concurrence et le progrès des techniques, elles continuent à présenter des histoires qui plaisent à tous les publics.

Un autre visage de Mickey…

Mais qui était au fond Walt Disney ? Davantage qu'un dessinateur, on le décrira comme un conteur, un concepteur, un manager, un producteur, un homme d'affaires qui sut enrouler sa pieuvre imaginative tout autour de notre planète : qui n'a jamais lu un exemplaire du Journal de Mickey ?

"C’était un vrai patron !" diront de lui ses assistants. Impitoyable, il n'hésita pas à dénoncer devant la Commission des Activités Anti-Américaines, en 1941, trois des ses anciens employés ayant fomenté les grèves d'avant guerre. Avare de ses compliments il les faisait de manière détournée : "Il paraît que votre séquence est la plus réussie du film" était le satisfecit que chacun espérait entendre un jour ! Original, il l’était dans ses pratiques : flairait-il une certaine mésentente entre deux collègues qu'il les faisait assitôt travailler ensemble, argumentant que de leur adversité ne pourrait sortir que du créatif . On lui aura fait également des procès d’intention et bâti autour de lui de nombreuses légendes, telle est la loi du succès.

Ainsi était cet homme parti trop tôt, qui aura eu tout de même la chance de voir fleurir les sourires sur les frimousses de ses petits enfants et des enfants du monde entier. Il s'en et allé au rythme de la chanson «Feed the Birds»(de «Mary Poppins») et repose pour toujours dans l’âme de sa créature, Mickey, la malicieuse petite souris.

Documents…

Sources : «Notre ami Walt Disney» de Christopher Finch, Wikipedia (filmographie), plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

"Hot dogs, Hot dogs !"

Citation : "J’espère que personne ne perdra de vue que tout a commencé par une souris !" (Walt Disney)

Donatienne (décembre 2013)
Ed.7.2.1 : 5-1-2016