Anthony MANN (1906 / 1967)…

… ses westerns

Anthony Mann

Les westerns d'Anthony Mann :

  • 1950 - «Devil's Doorway»
  • 1950 - «Winchester '73»
  • 1950 - «The Furies»
  • 1952 - «Bend of the River»
  • 1953 - «The Naked Spur»
  • 1954 - «The Far Country»
  • 1955 -«The Man from Laramie»
  • 1955 - «The Last Frontier»
  • 1957 - «The Tin Star»
  • 1958 - «Man of the West»
  • 1960 - «Cimarron»
Patrick Glanz

«Bend of the River / Les affameurs» (1952)

FICHE TECHNIQUE :

U.S.A., 1952, 91 minutes, couleurs

REALISATION : Anthony MANN.

SCENARIO : Borden CHASE, roman de Bill GULICK.

IMAGE : Irving GLASSBERG.

MUSIQUE : Hans J.SALTER.

MONTAGE : Russell SCHOENGERTH.

DIRECTION ARTISTIQUE : Bernard HERZBRUN, Nathan JURAN.

COSTUMES : Rosemary ODELL.

PRODUCTION : Aaron ROSENBERG, Universal International.

INTERPRETES :

James STEWART ..

Arthur KENNEDY ..

Julie ADAMS ..

Rock HUDSON ..

Lori NELSON ..

Jay C.FLIPPEN ..

Henry MORGAN ..

Royal DANO ..

Howard PETRIE ..

Chubby JOHNSON ..

Stepin FETCHIT ..

Jack LAMBERT ..

Frank FERGUSON ..

Cliff LYONS ..

Frances BAVIER ..

Jennings MILES ..

Francis CHASE ..

Lillian RANDOLPH ..

Britt WOOD ..

.. Glyn McLyntock

.. Cole Garrett

.. Laura Baile

.. Trey Wilson

.. Marjie Baile

.. Jeremy Baile

.. Shorty

.. Long Tom

.. Tom Hendricks

.. cpt.Mello

.. Adam

.. Red

.. Don Grundy

.. Wullie

.. Mrs.Prentiss

.. Lock

.. Wasco

.. tante Tildie

.. bagarreur

SUJET :

Glyn Mc Lyntock (James Stewart) conduit un convoi de colons vers l’Oregon. En chemin, il va sauver de la pendaison Emerson Cole (Arthur Kennedy) qui va l’accompagner un bout de chemin.

Ils vont devoir faire face aux indiens, aux hommes du négociant Tom Hendricks (Howard Petrie). Mais au cours du voyage, Emerson Cole, désireux de vendre les vivres des colons aux chercheurs d’or, va diriger une mutinerie et s’opposer à son sauveur…

ANALYSE :

Deux ans après leur premier pas commun avec Winchester 73, Anthony Mann et James Stewart se retrouvent. C’est aussi le premier film en couleurs du réalisateur.

L’histoire reprend un peu celle de Winchester 73 avec l’affrontement de deux hommes, au passé douloureux, qui vont devoir choisir entre la loyauté et la trahison.
Le grand mérite des Affameurs est d’ailleurs de nous présenter des personnages complexes avec des trajectoires tourmentées. On est souvent à la frontière du bien et du mal ce qui rend le film d’autant plus crédible et troublant.

Dans cet ordre d’idée, Anthony Mann a composé un méchant très complexe, interprété par le remarquable et troublant Arthur Kennedy, puisque durant plus de la moitié du film, il nous apparaît très séduisant et très courageux.

L’histoire est tirée d’un roman de Bill Gulick dont James Stewart, lui-même, acheta les droits avant d’en parler à Aaron Rosenberg, le producteur de Winchester 73. Celui-ci confia le scénario à Borden Chase, au grand dam de Gulick, qui ne reconnut pas son histoire, et la réalisation à Anthony Mann.

Du scénario, Borden Chase déclarera : « Je crois que c’est la plus grande histoire du monde. Je ne parle pas sur le plan sexuel. Je crois vraiment qu’un homme peut réellement aimer et respecter un autre homme plus qu’il ne le peut avec une femme… ».

Comme souvent dans les westerns, les Affameurs est un film… d’hommes, même si, pour une fois, le regard féminin, en l’occurrence celui de Julia Adams, est une sorte de témoin et de boussole. Comme Arthur Kennedy, le méchant, elle va évoluer au cours du film pour, après s’être laissée tenter par la grande vie, revenir à de meilleurs sentiments et un peu plus d’humanité. Comme pour le héros, le chemin vers la terre promise sera un parcours initiatique.

Anthony Mann ne juge pas, il met en scène. Les éléments extérieurs, les circonstances vont faire évoluer les personnages. La beauté plastique du film, la complexité des personnages, la géométrie des plans vont hisser Anthony Mann au sommet.
C’est à partir de celui-ci, et un an plus tard l’Appât, que Mann va obtenir ses galons de grand westerner.« Les Affameurs est le film le plus serein de la série et il est presque inutile de dire que c’est aussi l’un des plus beaux westerns de l’histoire du cinéma. » affirme l’excellent Jacques Lourcelles.

On n’oubliera pas de sitôt le regard vengeur et déchiré de James Stewart, abandonné comme un chien sur la route, celui tourmenté d’Arthur Kennedy au moindre bruit derrière lui, le coté séduisant et précieux de Rock Hudson et le sourire magnifique de Julia Adams quand le bien aura triomphé du mal, le héros du méchant. Lorsque James Stewart aura noyé Arthur Kennedy, il sera sauvé par une corde…comme celle qui lui a abîmé le cou quand il était bandit.

La boucle est bouclée.

Patrick GLANZ

DOCUMENT : Affiche française

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Ed.7.2.2 : 20-4-2016