Anthony MANN (1906 / 1967)…

… ses westerns

Anthony Mann

Les westerns d'Anthony Mann :

  • 1950 - «Devil's Doorway»
  • 1950 - «Winchester '73»
  • 1950 - «The Furies»
  • 1952 - «Bend of the River»
  • 1953 - «The Naked Spur»
  • 1954 - «The Far Country»
  • 1955 -«The Man from Laramie»
  • 1955 - «The Last Frontier»
  • 1957 - «The Tin Star»
  • 1958 - «Man of the West»
  • 1960 - «Cimarron»
Patrick Glanz

««The Naked Spur / L'appât»» (1953)

FICHE TECHNIQUE :

U.S.A., 1953, 91 minutes, noir et blanc

REALISATION : Anthony MANN.

SCENARIO : Sam Rolfe, Harold Jack BLOOM.

IMAGE : William C.MELLOR.

MUSIQUE : Bronislau KAPER.

MONTAGE : George WHITE.

DIRECTION ARTISTIQUE : Cedric GIBBONS, Malcolm BROWN.

DECORS : Edwin B.WILLIS.

SON : Douglas SHEARER.

EFF-SPECIAUX : Warren NEWCOMBE.

MAQUILLAGE : William TUTTLE.

AST-REALISATEUR : Howard W.KOCH.

PRODUCTION : William H.WRIGHT, Metro-Goldwyn-Mayer.

INTERPRETES :

James STEWART ..

Janet LEIGH ..

Robert RYAN ..

Ralph MEEKER ..

Millard MITCHELL ..

.. Howard Kemp

.. Lina Patch

.. Ben Vandergroat

.. Roy Anderson

.. Jesse Tate

SUJET :

Howard Kemp (James Stewart) qui a été spolié de sa maison part à la recherche d’un hors-la-loi afin de toucher la récompense de 5000 dollars qui lui permettront de récupérer son bien.

En chemin, il s’adjoint les services d’un chercheur d’or et d’un soldat déserteur. Finalement capturé le hors-la-loi, qui est accompagné d’une jolie jeune femme, fera tout pour diviser les trois autres hommes.

ANALYSE :

Tourné juste après «Winchester '73» et «Les affameurs», «L'âppât» est certainement le film qui a fait le plus pour la réputation de son réalisateur, Anthony Mann. Non seulement parce que ce fût un vrai succès, mais surtout parce qu’il représente la quintessence de l’art du cinéaste.

Sur un thème classique du western, Mann nous offre un vrai petit bijou. L’histoire est simple : un homme spolié de sa ferme veut ramener un hors-la-loi pour encaisser les 5000 dollars de récompense et récupérer son "bien". En chemin, il s’associe à un chercheur d’or et à un soldat déserteur. Mis à part, quelques indiens, tout va se passer entre ces trois hommes, le hors-la-loi et sa fiancée…

Peu de personnages donc. Pas de scènes intérieures, non plus. Tout se déroule en milieu naturel (le film a été tourné à Durango). Et c’est vraiment superbe. "Quel film pourrait nous donner images plus attachantes de l’effort ou de la fatigue, de la frustre rivalité des hors-la-loi, de l’âpreté de leur combat ou de leurs attachements, les visages graves, décomposés par les émotions les plus élémentaires mais parfois les plus essentielles ?" demande Jacques Rivette dans les Cahiers du Cinéma.

Anthony Mann, au sommet de son art, a composé une tragédie naturaliste, car tout se passe dans les bois, les collines ou au bord de la rivière. Et le contraste est grand entre la beauté des paysages et la rudesse des sentiments.

On assiste dans le film à pas moins de trois bagarres sauvages, à la vie et à la mort. Les scènes d’action se multiplient grâce à un magnifique scénario de Sam Rolfe et Harold Jack Bloom. Quelques scènes sont inoubliables comme celle de la tuerie des indiens, le délire nocturne de James Stewart alors qu’il est blessé à la jambe ou encore le “fight” final à la carabine qui n’est pas sans rappeler celui de «Winchester '73».

James Stewart qui a toujours été bon avec Anthony Mann est ici à son apogée. Son visage est capable de trahir tous les sentiments dans un laps de temps minimum. Robert Ryan est une authentique crapule. Et Janet Leigh, vraiment attendrissante dans ce milieu de brutes.

«L’appât» à la beauté d’un tableau.

"Le tournage de «The Naked Spur» m’a donné de réelles satisfactions, a raconté le réalisateur. J’ai voulu donner une image de l’ouest qui n’est pas seulement celle d’un désert. J’ai voulu montrer la montagne et les torrents, les sous-bois et les cimes neigeuses. Le piton rocheux sur lequel ont été tournées les dernières séquences s’appelle The naked spur. Je me suis donc dit : un éperon (traduction de Spur) doit être l’arme décisive qui ponctuera le drame."

Anthony Mann signe là son premier chef-d’œuvre. Son film le plus maîtrisé de l’histoire.

Patrick GLANZ

DOCUMENT : Affiche allemande

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Ed.7.2.2 : 20-4-2016