Anthony MANN (1906 / 1967)…

… ses westerns

Anthony Mann

Les westerns d'Anthony Mann :

  • 1950 - «Devil's Doorway»
  • 1950 - «Winchester '73»
  • 1950 - «The Furies»
  • 1952 - «Bend of the River»
  • 1953 - «The Naked Spur»
  • 1954 - «The Far Country»
  • 1955 -«The Man from Laramie»
  • 1955 - «The Last Frontier»
  • 1957 - «The Tin Star»
  • 1958 - «Man of the West»
  • 1960 - «Cimarron»
Patrick Glanz

«The Last Frontier / La charge des Tuniques Bleues» (1955)

FICHE TECHNIQUE :

U.S.A., 1955, 98 minutes, couleurs

REALISATION : Anthony MANN.

SCENARIO : Philip YORDAN, Russell S.HUGHES, roman de Richard Emery ROBERTS, "The Gilded Rooster".

IMAGE : William C.MELLOR.

MUSIQUE : Leigh HARLINE.

MONTAGE : Al CLARK.

DIRECTION ARTISTIQUE : Robert PETERSON.

DECORS : James CROWE.

SON : John P.LIVADARY, Jean G.VALENTINO.

CASCADES : Regis PARTON, Terry WILSON.

MAQUILLAGE : Clay CAMPBELL.

COIFFURE : Helen HUNT.

AST-REALISATEUR : Sam NELSON.

PRODUCTION : William FADIMAN, Columbia Pictures Corporation.

INTERPRETES :

Victor MATURE ..

Guy MADISON ..

Robert PRESTON ..

James WHITMORE ..

Anne BANCROFT ..

Russell COLLINS ..

Peter WHITNEY ..

Pat HOGAN ..

Guillermo CALLES ..

Manuel DONDE ..

Jack PENNICK ..

Mickey KUHN ..

William TRAYLOR ..

Guy WILLIAMS ..

.. Jed Cooper

.. Cpt.Glenn Riordan

.. Col.Frank Marston

.. Gus

.. Corinna Marston

.. Cpt.Bill Clarke

.. Sgt.Major Decker

.. Mungo

.. Spotted Elk

.. Red Cloud

.. sergent

.. Luke, sentinelle

.. soldat

.. Lt.Benton

… et John L.CASON, Regis PARTON, Allen PINSON, Robert St.ANGELO, Terry WILSON (sentinelles).

SUJET :

Jed Cooper, trappeur détroussé par les indiens de Nuage Rouge, s’engage avec ses deux compagnons de route comme éclaireur dans l’armée. Le fort est dirigé par le colonel Frank Marston qui, obsédé par la défaite qu’il a subi durant la guerre civile, veut attaquer les indiens et les éliminer afin de redorer son blason. Jed Cooper, aidé par le capitaine Glenn Riordan essaie de l’en dissuader…

ANALYSE :

Si Anthony Mann est aujourd’hui considéré comme un grand cinéaste, il le doit en grande partie à ses quatre westerns avec James Stewart. Pourtant, en 1955, soit un an seulement après l’excellent l’homme de la plaine, il va tourner sans grande ambition un petit western, la charge des tuniques bleues. Et, autant le dire tout de suite, ce film est un vrai délice. Une petite perle que les amateurs du genre devraient découvrir ou redécouvrir. 1h 37 de pur bonheur !

Le film raconte la destinée d’un trappeur, admirablement interprété par le colosse Victor Mature (le futur Samson de Samson et Dalila mais aussi le Docteur Holiday de John Ford dans La Poursuite Infernale !), qui va s’engager dans l’armée à Fort Shallan où il va découvrir les règles de vie communautaire et l’amour auprès de la femme du commandant du fort, le va-t–en guerre ridicule, le colonel Frank Marston (Robert Preston) “proche parent” du lieutenant colonel Thursday du Massacre de Fort Apache de John Ford. Comme lui, Marston doit se faire pardonner ses échecs précédents…et comme lui, il va engager ses hommes vers la mort.

Anthony Mann, qui n’a pas la réputation d’être un cinéaste bavard, se lâche un peu car tout au long du film il va s’interroger sur la civilisation, la guerre et la vie communautaire.

"C’est quoi être civilisé", demande Jed Cooper au capitaine Riordan. "C’est avoir une femme, des enfants, former une communauté… Sinon on est un sauvage… " avant de reconnaître, quelques minutes plus tard devant la rage vengeresse de son supérieur, "Chez nous aussi, il y a des sauvages".

Jed Cooper, homme des bois, est témoin et acteur d’un monde qui change. D’une nature - que Mann filme magnifiquement - qui ne sera jamais plus la même pour les hommes, indiens ou trappeurs…

"Où est le bonheur ?" se demande simplement Anthony Mann. "La civilisation est elle vraiment un bienfait ?". Il y répond sans trop d’illusion avec le bouleversement intime du héros qui tombe amoureux de la femme du commandant, ce qui l’oblige à revoir ses manières et qui s’engage finalement et définitivement dans l’armée à la fin du film comme si l’entrée dans la civilisation était… inévitable.

Tourné en cinémascope, le film est superbe. L’interprétation, comme souvent chez Mann, remarquable (Mature, Preston, Madison mais aussi James Whitmore et Anne Bancroft la future héroïne du Lauréat).

Que du bonheur !

Patrick GLANZ

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Ed.7.2.2 : 20-4-2016