Anthony MANN (1906 / 1967)…

«L'homme de la plaine» (1955)

FICHE TECHNIQUE :

U.S.A., 1955, 114 minutes, couleurs, cinémascope

RÉALISATION : Anthony MANN.

SCÉNARIO : Philip YORDAN, Frank BURT, feuilleton de Thomas T.FLYNN, paru dans le Saturday Evening Post.

IMAGE : Charles LANG.

MUSIQUE : George DUNING.

CHANSONS : Leslie LEE, Ned WASHINGTON.

MONTAGE : William LYON.

DIRECTION ARTISTIQUE : Carey ODELL.

DÉCORS : James CROWE.

MAQUILLAGE : Clay CAMPBELL.

PRODUCTION : William GOETZ, Columbia Pictures.

INTERPRÈTES :

James STEWART ..

Arthur KENNEDY ..

Donald CRISP ..

Cathy O'DONNELL ..

Alex NICOL ..

Aline MacMAHON ..

Wallace FORD ..

Jack ELAM ..

John War EAGLE ..

James MILLICAN ..

Gregg BARTON ..

Boyd STOCKMAN ..

Edy WALLER ..

Frank de KOVA ..

.. Will Lockhart

.. Vic Hansbro

.. Alec Wagoman

.. Barbara Wagoman

.. Dave Wagoman

.. Kate Canaday

.. Charley O'Leary

.. Chris Boldt

.. Frank Darr

.. Tom Quigby

.. Fritz

.. Spud Oxton

.. dr.Selden

.. padre

… et Frank CORDELL, Jack CARRY, William CATCHING, Frosty ROYSE (des muletiers).

SUJET :

Will Lockhart arrive à Corronado pour livrer des marchandises. En fait, il enquête sur la destruction d’un détachement de soldats par des indiens munis de carabines à répétition…

Il constate rapidement que la ville est dirigée par Alec Waggoman dont le fils Dave est un chien fou. Quant au contremaître, Vic Hansbro, il rêve de reprendre la suite du patron…

ANALYSE :

Dernier des cinq westerns tournés avec James Stewart, «The man from Laramie»,« l’Homme de la plaine» en France, conclut une fabuleuse série. Il est surtout le film le plus abouti du metteur en scène, représentant une sorte de perfection classique comme ont pu l’être certains de John Ford.

Avec ce film, Anthony Mann réussit, d’ailleurs, probablement son œuvre la plus riche, la plus dense et la plus complète. Non seulement, il bénéficie d’un remarquable scénario en grande partie dû à Philip Yordan (à qui l’on doit également «Johnny Guitare», «Bravados» ou encore «La lance brisée»), mais il a aussi réuni un magnifique casting autour d’un James Stewart comme toujours remarquable.

Contrairement à «L'homme de l’ouest» dont l’histoire est, finalement, assez simple, «l’homme de la plaine» recèle de multiples entrées…

À la traditionnelle vengeance du héros, on peut ajouter un vrai mystère autour de la vente des armes aux indiens, une intéressante analyse “oedipienne” autour du père et du fils avec pour le propriétaire terrien Alec Waggoman un vrai fils , un fils adoptif et un fils idéal, sans parler du rêve freudien autour de la mort…

Tout cela conduit de main de maître par un Anthony Mann particulièrement inspiré et créatif qui utilise pour la première fois de sa carrière le cinémascope. La maestria du réalisateur apparaît dès les premiers plans, exceptionnels. Dans un décor aride, des chariots arrivent avec à leur tête James Stewart. Au dessus, un magnifique ciel bleu. Le décor est admirablement planté…

Quelques minutes plus tard, on apprend que le héros n’arrive pas seulement de Laramie, mais de Fort Laramie. Le mystère est en place…
Tout au long du film, Anthony Mann ne desserrera pas l’étreinte. Mais, pour une fois, il va entrecouper les scènes tendues et violentes par quelques moments de pures comédies comme aime à le faire John Ford. On se rappellera, par exemple, les scènes entre James Stewart et Cathy O’Donnell, celle particulièrement réussi de la prison où le vieux Waggoman (Donald Crisp) fait part de son rêve ou encore celles entre toujours Donald Crisp et Arthur Kennedy.

On n’oubliera pas non plus l’image des cow-boys en costume du dimanche jonchés sur leur monture pour l’enterrement du fils.

Jacques Lourcelles n’avait pas tort de rappeler qu’Anthony Mann considérait «L’homme de la plaine» et le rôle de Donald Crisp comme une adaptation du «Roi Lear» de Shakespeare. C’est dire l’ambition du metteur en scène !

Outre James Stewart, Donald Crisp et Arthur Kennedy qui, comme dans «les Affameurs», incarne un méchant devenu méchant plus par circonstances que par nature, on notera l’excellente performance d’Aline Mac Mahon, l’amoureuse transie devenue vieille fille.

Reste Cathy O’Donnell, l’héroïne féminine. Elle n’est pas vraiment belle, ni vraiment bonne. C’est la seule petite réserve qu’on peut émettre autour du film. Le reste, vous l’aurez compris, est magnifique.

Patrick Glanz

DOCUMENT : affiche américaine (half sheet)

Survolez sur les images/Fly over the pictures

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une scène du film
une scène du film
Cathy O'Donnell, John War Eagle
Arthur Kennedy, Alex Nicol, Donald Crisp
une scène du film
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une scène du film
James Stewart
Éd. 9.1.3 : 20-4-2016